Le 6 mars, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé la mise en examen de cinq individus, parmi lesquels figure Boubaker El Hadj Amor, l'imam de la grande mosquée de Poitiers. Ces personnes sont liées aux associations françaises Humani'Terre et Soutien Humani'Terre, soupçonnées de contribuer financièrement au Hamas, qualifié d'organisation terroriste. L'avocat de l'imam, Me François Saint-Pierre, a fermement réfuté ces allégations, insistant sur le caractère humanitaire des intentions de son client.
Des accusations graves sous le feu des projecteurs
Les inculpations portent sur des faits de "financement d'une entreprise terroriste", "abus de confiance en bande organisée" et "blanchiment d'abus de confiance". Cette affaire découle d'une enquête ouverte le 3 novembre 2023, confiée à la direction générale de la sécurité intérieure et à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Des perquisitions ont eu lieu tant dans les locaux des associations que chez des individus suspectés d'être impliqués.
Des associations sous surveillance
Humani'Terre et Soutien Humani'Terre sont réputées pour leur soutien aux réfugiés palestiniens en Cisjordanie, au Liban et à Gaza. Toutefois, selon le PNAT, ces associations pourraient avoir détourné des fonds, masqués par des activités humanitaires. Me Saint-Pierre défend l'imam, arguant qu'il n'a jamais eu l'intention d'appuyer le Hamas et soulignant les dilemmes éthiques auxquels sont confrontées les œuvres humanitaires dans cette région. "Il a agi de bonne foi dans un but exclusivement humanitaire," a-t-il déclaré, questionnant ainsi la faisabilité de l'aide humanitaire en territoire palestinien.
Les investigations se poursuivent, sous la direction de magistrats antiterroristes, alors qu'Humani'Terre a décidé de suspendre sa collecte de dons, citant des obstacles administratifs et bancaires liés à cette controverse.







