Face à un conflit qui menace gravement ses intérêts, la Chine adopte une approche prudente et discrète, se posant comme un acteur de paix alors que les tensions s’intensifient entre les puissances.
Le 14 avril, lors d'une rencontre avec le prince héritier d'Abou Dhabi, Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane, le président chinois Xi Jinping a réagi aux évolutions du conflit. Il a déclaré : "Préserver l'autorité du droit international ne doit pas signifier l'utiliser à des fins personnelles ou l'ignorer lorsque cela ne l'arrange pas". Ces paroles interviennent deux jours après l'annonce par Donald Trump d'un blocus naval dans le détroit d'Ormuz, un axe crucial pour le transport maritime et le commerce global. Xiao Liu, analyste politique à Shanghai, souligne que la Chine cherche à maintenir son image de médiateur. "Pékin navigue sur un fil, cherchant à équilibrer ses relations avec Téhéran et ses intérêts avec les nations du Golfe et des États-Unis".
Une diplomatie volontairement ambiguë
Dès le début des hostilités, la Chine a vivement critiqué les frappes israélo-américaines, les qualifiant de "violation du droit international". La mort d'Ali Khamenei, ancien guide suprême d'Iran, a également été condamnée, le Ministère des Affaires Étrangères chinois appelant au respect de la "souveraineté et de la sécurité de l'Iran". Mao Ning, porte-parole du ministère, a clairement exprimé la position chinoise :
"Nous exhortons toutes les parties à mettre fin aux opérations militaires et à empêcher la propagation du conflit."
En parallèle, des experts comme Yu Jie de Chatham House notent que le gouvernement chinois opte pour une "réaction très discrète" face à cette crise, ce qui traduit une volonté de préserver ses relations délicates dans la région. En somme, la stratégie chinoise au Moyen-Orient reflète un équilibre précaire entre engagement économique et diplomatique, tout en visant à ne pas se compromettre dans un conflit en pleine ébullition.







