Situé près de Richmond en Virginie, un terrain boisé résonne des bruits de détonations. Collin, 38 ans, découvre le tir avec un pistolet semi-automatique en main, conscient que sa première arme est avant tout une réponse à un climat politique troublant.
Ce citoyen américain s'est senti particulièrement menacé après les tragiques décès de Renée Good et d'Alex Pretti, deux manifestants tués par des agents fédéraux à Minneapolis en janvier dernier. "Nous avons une sorte d'armée privée, mandatée par l'État, qui pose la véritable menace, bien plus inquiétante que les crimes traditionnels," a-t-il déclaré, soulignant son sentiment d'insécurité face à l'administration de Donald Trump.
Collin, soucieux de la confidentialité, a joint sa femme, Danni, pour suivre une formation dispensée par Clara Elliott, une instructrice renommée. Les cours, qui ciblent spécifiquement les minorités et les membres de la communauté LGBT, affichent complet depuis la réélection de Trump en novembre 2024.
"C'était intense", a souligné Clara, ornée d'un tatouage de Blanche Neige avec un pistolet-mitrailleur. Lors de cette séance, une douzaine de personnes, dont beaucoup n'avaient jamais tenu une arme auparavant, ont participé à une formation mêlant théorie et pratique.
Des participants comme Danni et Collin évoquent leurs motivations liées à l'atmosphère politique actuelle, marquée par des actions répressives contre les migrants et une polarisation extrême. Cassandra, une jeune femme de 28 ans, a exprimé son besoin de se préparer face aux nouvelles menaces de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), tandis qu'Akemi, 30 ans, craint l'extrême droite. "Les membres de cette droite radicale semblent encouragés depuis l'arrivée de Trump," a-t-elle partagé avec anxiété.
Cette dynamique s'est traduite par un pic de demandes de formation de tir auprès des organisations progressistes. Le Liberal Gun Club, par exemple, a reçu près de 3.000 demandes dans les deux premiers mois de l'année, un chiffre record pour cette période.
Ed Gardner, le directeur de l'organisation, a expliqué que cette augmentation suit souvent des événements choquants dans le paysage politique américain, mais souligne également que cette fois-ci, l'intérêt provient d'un public varié incluant toutes les tranches de la société.
Le sociologue David Yamane, expert en culture des armes, note que les nouvelles motivations des demandeurs sont liées à une inquiétude face à un gouvernement perçu comme tyrannique. Audie Murphy, secrétaire du John Brown Club, a ajouté que ces personnes souhaitent agir de manière plus proactive pour protéger leurs droits, plutôt que de se limiter à de simples manifestations.







