Ce dimanche, le chef d'État-major des forces armées a annoncé un « repositionnement » des troupes dans la région d’Anéfis, à 100 kilomètres de Kidal. La ville, cruciale pour le nord malien, est désormais entre les mains des rebelles touareg et de groupes jihadistes, selon des sources proches du gouverneur et des témoignages locaux.
Kidal, qui avait été sous le contrôle de groupes rebelles pendant de nombreuses années avant d'être récupérée par l'État malien en novembre 2023 grâce à une offensive soutenue par le groupe paramilitaire russe Wagner, voit maintenant son avenir politique et sécuritaire, encore une fois, sérieusement compromis. Un proche du gouverneur a déclaré : « Nous avons quitté Kidal. Les djihadistes et le FLA (Front de libération de l'Azawad) y sont présents ». Des témoins ont confirmé que l'armée malienne et les mercenaires russes avaient quitté la localité.
La reprise de Kidal par les rebelles est une réminiscence du passé : cette ville a été au cœur des luttes pour l'autonomie, et les rebelles touareg ont longtemps dénoncé leur « marginalisation ». En 2012, ils s'étaient alliés avec des groupes djihadistes pour prendre le contrôle de certaines villes du nord, avant de se dissocier suite à des tensions internes. Récemment, des signes de rapprochement entre ces factions ont été observés, ce qui pourrait aggraver la situation sécuritaire fragile au Mali.
Le pays, qui souffre de violations des droits humains et d'une escalade de violence, est désormais confronté à une menace coordinée et sérieuse. Des experts de la question malienne, comme le chercheur Thierno Maïga, déclarent que « l’établissement d'une paix durable au Mali nécessite une approche globale qui tienne compte des aspirations des différents groupes ethniques ». En parallèle, le JNIM, un groupe affilié à Al-Qaïda, renforce également sa présence dans la région, compliquant davantage le tableau sécuritaire.
Alors que les tensions montent, les autorités maliennes doivent faire face à une opération de grande envergure contre cette résurgence des groupes armés, ce qui souligne l'urgence d'une réponse plus robuste et collaborative. Le Mali, en tant que pays sahélien, est de plus en plus en proie à des conflits qui vont bien au-delà de simples rivalités internes.







