Trois décès, un bateau immobilisé pendant plusieurs jours au large du Cap-Vert et des passagers attendant un rapatriement : l’épidémie de hantavirus sur le MV Hondius frappe l'imaginaire collectif. Bien que certains voyageurs français affirment que la situation est sous contrôle, d’autres dénoncent un manque de mesures sanitaires appropriées.
Le MV Hondius, en route entre Ushuaïa, en Argentine, et le Cap-Vert, transportait 88 passagers et 59 membres d'équipage de 23 nationalités. Après une période d'immobilisation, le bateau a pu reprendre son itinéraire vers Tenerife, dans l'archipel des Canaries, avec des évacuations prévues dès lundi pour ramener les passagers chez eux.
Roland et Julia Seitre, un couple français à bord, ne montrent pas d’inquiétude. "Il n’y a pas de panique. Le médecin à bord a repéré plusieurs cas de syndrome grippal, et nous appliquons des règles d’hygiène classiques. Nous avons été informés de la situation le 2 mai, après avoir ignoré tout risque jusqu’alors," confie Roland lors d’un entretien accordé à RTL.
D'autre part, Françoise, une autre passagère, exprime son angoisse. "On ne sait pas où on va. Les mesures sanitaires sont insuffisantes, aucun confinement n'est imposé, et même si le port du masque est devenu obligatoire, nous mangeons ensemble au restaurant. Cela commence à peser sur nos esprits," déclare-t-elle, tandis qu'elle évoque un repas collectif qui a eu lieu sur le navire, "comme si de rien n’était". Son sentiment est partagé par d'autres passagers qui constatent un relâchement dans les mesures de sécurité.
Ce témoignage soulève la question des pratiques sanitaires à bord. Les passagers comme Roland Seitre déclarent qu’ils ne sont pas enfermés, mais doivent rester prudents. "Nous pouvons nous rassembler dans des espaces communs à condition de respecter les distanciations," explique-t-il à Franceinfo.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé que les cinq Français à bord se portent bien, bien qu’un d’entre eux soit considéré comme cas contact. Le gouvernement français collabore avec l’OMS pour organiser leur rapatriement et veiller à leur sécurité.
Des voix expertes et des témoignages variés continuent d’émerger, amplifiant un débat public sur la gestion de crises sanitaires en mer.







