Edouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a pour objectif de rétablir "l'exigence" au cœur du système éducatif français. Dans une circulaire récemment publiée, il souligne l'importance de la maîtrise du langage, du raisonnement scientifique et de la qualité rédactionnelle au baccalauréat, des changements qui pourraient ne pas plaire aux syndicats, souvent peu concertés dans ce processus.
Dans son message adressé à l'ensemble du personnel éducatif, Geffray déclare que "l'exigence doit être au cœur de votre mission". Cependant, des critiques ont fusé, notamment de Sophie Vénétitay du Snes-FSU, qui évoque un texte "élaboré sans concertation". Aurélie Gagnier, secrétaire générale du SNUipp-FSU, est également sceptique, affirmant qu'il n'y avait eu "aucun dialogue" avec les syndicats.
Pour cette rentrée, le ministre appelle à concentrer la pédagogie sur les fondamentaux. Il insiste sur le fait que l'acquisition du langage, c'est-à-dire la capacité à élaborer une pensée complexe, doit être la priorité dans toutes les disciplines. Il remet en question l'utilisation des "textes à trous", jugés peu propices au développement de la pensée.
Dans un contexte où les élèves s'appuient de plus en plus sur l'intelligence artificielle, Geffray met en avant la nécessité d'une maîtrise solide du langage comme alternative à cette dépendance technologique.
Par ailleurs, il rappelle que la qualité orthographique prendra une importance accrue dans les notes du baccalauréat 2026, énonçant qu'une copie mal rédigée ne pourra pas être acceptée, car cela serait trompeur pour les élèves quant à leur niveau d'aptitude. Sophie Vénétitay contre-attaque en affirmant que l'orthographe a toujours été prise en compte dans la notation.
En ce qui concerne le raisonnement scientifique, Geffray précise que les mathématiques devront occuper une place prépondérante, notamment en développant des automatismes dès le primaire. Néanmoins, des voix s'élèvent, comme celle d'Aurélie Gagnier, qui exhorte à ne pas négliger d'autres matières importantes comme l'histoire et les arts, essentielles pour l'épanouissement critique et culturel des élèves.
Le ministre souhaite également réduire les inégalités de genre et améliorer le climat scolaire, en partie grâce à un retour à la civilité et à l'interdiction du téléphone portable au lycée, sujet actuellement débattu au Parlement. Il met également l'accent sur la nécessité d'une gestion des ressources humaines plus humaine.
"Nous ne sommes condamnés ni à l'impuissance, ni au fatalisme", conclut-il, en postulant la laïcité et le savoir comme garanties du libre-arbitre.







