Les forces de l’ordre ont procédé à 94 interpellations, dont 39 gardes à vue, en marge de la manifestation interdite du groupe d’ultradroite Comité du 9 Mai et sa contre-manifestation antifasciste à Paris, ce samedi.
Trente-neuf individus ont été placés en garde à vue lors des événements du 9 mai 2026, à Paris. Cette opération a eu lieu en raison d'un rassemblement interdit d'un groupe classé à l'ultradroite, le Comité du 9 Mai, et d'une contre-manifestation antifasciste, également prohibée. La préfecture de police a exprimé que 94 interpellations avaient été effectuées, touchant tant des militants d’ultradroite que ceux d’ultragauche dans des zones variées de la capitale, notamment à République, Pyramides et Saint-Michel.
Les interpellés sont accusés de diverses infractions telles que participation à un groupement visant à commettre des violences, violences volontaires en réunion et port d’armes prohibées. De plus, près de 150 personnes ont reçu des amendes pour non-respect de l'interdiction de manifester.
Une lutte pour l'ordre public
La préfecture avait interdit ces manifestations, évoquant des risques pour l’ordre public. Cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de Paris ainsi que par le Conseil d’État, en raison d'incidents passés, comme la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon et l'observation de saluts nazis lors de précédentes éditions du rassemblement du Comité du 9 Mai. La préfecture a précisé : "Il est essentiel que les arrêtés d’interdiction soient respectés en faveur de la sécurité de tous".
Dans le contexte de cet événement, quelques heures avant que des gardes à vue aient lieu, des militants ont été arrêtés pour possession d'objets dangereux tels que des matraques télescopiques et des couteaux, renforçant ainsi l’inquiétude des forces de l’ordre, selon une source policière.
Des rassemblements controversés
Malgré l’interdiction, le Comité du 9 Mai n’a pas réussi à se rassembler devant la statue de Jeanne d’Arc, en raison de la présence de partisans d’un autre groupe. Raphaël Ayma, porte-parole du Comité, s’est montré inquiet pour les libertés de manifestation dans le pays, affirmant : "Si des débordements surviennent, la responsabilité incombe entièrement à la préfecture".
Le Comité du 9 Mai a l’habitude de manifester chaque année pour commémorer un militant d’extrême droite, Sébastien Deyzieu, décédé dans un accident en 1994.
Le climat de tension et de désaccord autour des manifestations d’ultradroite est palpable à Paris, et les événements des derniers jours soulèvent des questions sur les limites de la liberté d'expression et de réunion dans le contexte actuel, un sujet de débat parmi les experts. L’année précédente, cette même manifestation avait été autorisée par un tribunal après une interdiction initiale de la préfecture, et avait rassemblé environ un millier de militants, souvent masqués, brandissant des symboles néonazis.







