Les autorités de Nouvelle-Calédonie ont décidé, par arrêté, d'interdire la vente d'alcool pendant une semaine, à partir de lundi, pour marquer le deuxième anniversaire des violences tragiques de 2024. Cette décision prend un relief particulier alors que les enjeux liés au corps électoral refont surface.
Ce choix est justifié par le Haut-Commissariat de la République qui souligne que la date coïncide avec les commémorations des événements tragiques qui ont causé la mort de 14 personnes. Des manifestations sont d'ores et déjà annoncées, exacerbées par la mobilisation de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), porte-parole du mouvement, qui s'oppose à l'ouverture du corps électoral.
Mobilisation autour du corps électoral
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) s'engage non seulement à commémorer cette période douloureuse, mais également à protester contre la décision du gouvernement d'ouvrir partiellement le corps électoral pour les élections provinciales prévues le 28 juin. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé des réformes destinées à inclure les natifs mais également les conjoints des électeurs au sein du corps électoral provincial.
Dans une allocution diffusée récemment, Lecornu a précisé que cette initiative pourrait entraîner un débat intense. Il a ajouté : "Nous marquerons notre désaccord face à ce passage en force qui, sous prétexte de démocratie, constitue un recul vis-à-vis des engagements de l'État pour la décolonisation", un sentiment partagé par de nombreux experts de la question.
Actuellement, le corps électoral, gelé à 1998, nécessite que les électeurs aient emménagé en Nouvelle-Calédonie avant cette date et aient résidé au moins dix ans sur le territoire. Si le texte proposé est rejeté, les élections du 28 juin devront se dérouler avec les listes électorales en vigueur, créant ainsi une forte incertitude pour l'avenir politique de l'archipel.







