Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a récemment annoncé que Canberra n'acquerra que des sous-marins d'occasion dans le cadre de l'accord Aukus. Cette décision survient suite à l'annulation d'un contrat avec Naval Group, initialement destiné à la construction de douze sous-marins français neufs pour la marine australienne.
Dans un contexte militaire de plus en plus pressant, la question se pose : l'Australie est-elle prête à sacrifier ses standards pour satisfaire aux exigences américaines ? Richard Marles a précisé que l'Australie obtiendra ainsi trois sous-marins de classe Virginia, déjà en service, et non les modèles flambant neufs initialement espérés.
« Dans ce projet complexe, la priorité est d'opter pour la simplicité », a affirmé Marles lors du Dialogue de Shangri-La à Singapour, une réunion regroupant experts et responsables de la défense de plusieurs nations, comme l'indiquent nos confrères de Le Monde.
Trois sous-marins livrés sur 15 ans
La Défense australienne a défendu cette approche pragmatique, qui devrait simplifier l'intégration des sous-marins au sein de la flotte et optimiser les coûts d'opération. Ainsi, au lieu d’un mélange de véhicules neufs et d’occasion, l’Australie se concentrera sur l'acquisition de trois sous-marins déjà en service, une décision soutenue par divers responsables, dont le vice-Premier ministre.
Cependant, cette nouvelle est perçue comme un revers pour Canberra. La rupture de l'accord avec la France en 2021 a considérablement réduit les ambitions de renouvellement de la flotte australienne. En effet, bien que le contrat initial de 56 milliards d'euros pour 12 sous-marins de classe Attack ait été annulé, l’Australie ne dispose désormais que de six sous-marins de la classe Collins, dont l’âge atteint 30 ans pour le plus ancien.
La montée des tensions dans l’Indo-Pacifique, surtout face à l'ascension de la marine chinoise, accroît l'urgence d'un renouvellement naval substantiel. L'Australie aspire à être capable de déployer en permanence un sous-marin sur chacune de ses façades maritimes, une ambition compromise par la décision actuelle.
Les États-Unis, dans le cadre de l'accord Aukus, se sont engagés à livrer trois sous-marins sur une période de 15 ans, dont un nouvellement construit. Cependant, des préoccupations quant à la capacité des États-Unis à respecter ces délais sont mises en avant, les chantiers américainspeinant à satisfaire leur propre demande. En effet, depuis 2004, les États-Unis ont planifié la construction de 66 sous-marins Virginia, avec un rythme de livraison désormais questionnable.
Des experts, comme ceux du Guardian, soulignent également le risque que les besoins militaires se heurtent aux décisions politiques changeantes, notamment avec un retour potentiel de Donald Trump. L'ancien Premier ministre, Malcolm Turnbull, a exprimé des doutes sur la fiabilité américaine en déclarant que l’Amérique, sous Trump, était un allié moins prévisible. Reste à voir si la marine australienne pourra se contenter de cette solution ponctuelle ou si elle appellera à une révision de ses ambitions.







