Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé lundi que les États-Unis avaient une fois de plus rompu le fragile cessez-le-feu existant entre les deux nations, à la suite de frappes américaines sur le sol iranien qui ont suscité des représailles militaires.
Ces attaques viennent compliquer davantage des pourparlers déjà stagnants visant à mettre fin à la guerre, qui a éclaté le 28 février à la suite d'une offensive conjointe israélo-américaine contre l'Iran. Téhéran a indiqué que le sujet du nucléaire iranien ne serait pas abordé pour le moment, contredisant les attentes exprimées par le président Donald Trump.
L'Iran a réaffirmé que la mise en place d'un cessez-le-feu au Liban, un autre front de conflit où son allié, le Hezbollah, se heurte à Israël, est "une condition sine qua non" pour tout accord futur, selon les déclarations d'Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
L'armée américaine a confirmé avoir exécuté des frappes "défensives" sur le sud de l'Iran samedi et dimanche, marquant la troisième série d'attaques en moins de dix jours.
Ces bombardements ont ciblé des infrastructures de radar et de contrôle de drones localisées à Goruk et sur l'île de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, selon les informations fournies par le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur la plateforme X.
- drones "hostiles" -
Ces opérations ont été justifiées comme des réponses à l'Iran, qui aurait détruit un drone américain MQ-1 survolant des eaux internationales. En parallèle, les Gardiens de la Révolution, l'unité militaire idéologique de la République islamique, ont déclaré avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine sans spécifier son emplacement.
Le Koweït a également rapporté avoir intercepté des missiles et des drones considérés comme "hostiles", attribuant l'attaque à l'Iran.
Les deux nations se sont déjà accusées mutuellement jeudi dernier de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, suite à des frappes américaines en Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.
Cette guerre a déjà causé des milliers de pertes, particulièrement en Iran et au Liban, tout en exerçant une pression sur l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.
Depuis la fin février, l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, un passage crucial pour le transport de pétrole, tandis que les États-Unis imposent un blocus sur les ports iraniens.
Alors que les discussions semblaient en voie de rapprochement, le New York Times a rapporté samedi que le président américain a durci sa position, proposant une nouvelle version d'un protocole d'accord à Téhéran.
Selon le site Axios, Trump, qui souhaite par-dessus tout freiner le programme nucléaire iranien et rétablir la libre circulation maritime à Ormuz, aurait demandé à ses négociateurs de se montrer plus fermes.
La chaîne CBS a rapporté que la proposition américaine envisage une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, avec des clauses visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et établir un cadre pour des négociations sur le nucléaire.
- "pas d'arme nucléaire" -
Trump a par ailleurs affirmé sur Truth Social que le projet d'accord stipule explicitement que l'Iran n'acquerra pas d'arme nucléaire, employant des termes "très fermes".
L'Iran, se prévalant de son droit à un programme nucléaire civil, a continuellement nié vouloir développer une arme atomique, malgré les accusations formulées par les États-Unis et Israël.
Le pays souhaite aborder cette question ultérieurement et exige la levée des sanctions qui l'affectent.
Dans ses discussions avec Washington, Téhéran insiste également pour que tout accord inclut la fin des hostilités au Liban, où Israël cherche à "éradiquer" le Hezbollah.
Cependant, l'armée israélienne continue de progresser dans le sud du Liban et a reçu des ordres pour frapper des zones autour de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui à son tour continue d'attaquer le nord d'Israël, malgré un cessez-le-feu en place depuis le 17 avril.
Dans ce contexte tendu, la France a sollicité une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de la situation au Liban, qui devrait se tenir lundi, d'après des sources diplomatiques.







