Ce lundi, Israël a donné l'ordre à son armée de cibler la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah pro-iranien, marquant une intensification de son offensive terrestre au Liban, la plus significative depuis 20 ans.
À la demande du président français Emmanuel Macron, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence, Macron affirmant que "rien ne justifie l'escalade actuelle au sud du Liban".
Téhéran, qui est engagé dans des pourparlers avec Washington pour stabiliser le Moyen-Orient, a rappelé que la condition préalable à tout accord serait un cessez-le-feu au Liban.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait déjà ordonné dimanche une intensification des opérations, a déclaré que les frappes reprendraient sur Beyrouth. "En raison de violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah et d'attaques contre notre population, l'armée a été instruite de frapper des cibles terroristes", a-t-il annoncé dans un communiqué.
Conséquence immédiate : de nombreux habitants ont commencé à fuir la banlieue sud, que ce soit à pied, en moto ou en voiture, chargés de sacs et d'oreillers, provoquant une véritable "panique générale". Hadi, 24 ans, a confié à l'AFP : "Nous avons dû quitter la banlieue immédiatement après ces déclarations".
Au lendemain des frappes du 8 avril, qui avaient causé la mort de 350 personnes, des pressions internationales avaient été exercées sur Israël pour éviter de cibler la capitale libanaise.
Deux frappes distinctes en mai avaient visé des infrastructures au sud de Beyrouth, Israël justifiant ces attaques par leur ciblage de figures clés au sein du Hezbollah.
Netanyahu a également annoncé que l'armée israélienne avait pris possession de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban. Il a décrit cette opération comme un "tournant majeur", appelant à augmenter la présence israélienne dans les zones sous contrôle du Hezbollah.
Cette citadelle historique, datant du XIIe siècle, permettrait une avancée supplémentaire vers la région de Nabatiyé, symbolisant l'incursion la plus marquée depuis le conflit de 2006.
Bien que les combats entre Israël et le Hezbollah soient quasi quotidiens, une trêve proclamée le 17 avril a été largement ignorée.
L'armée israélienne a intensifié ses opérations tout en continuant ses frappes aériennes, tandis que le Hezbollah a maintenu ses attaques par drones à l'encontre des positions israéliennes.
Le Hezbollah, bien ancré dans la banlieue sud de Beyrouth, a revendiqué une attaque de missiles contre un objectif militaire dans la région de Tibériade, au nord d'Israël.
Dans ce climat tendu, l'armée israélienne a également ordonné l'évacuation de neuf villages dans les zones de Saïda et de Jezzine, comme l'a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise.
Alors que des discussions sont en prévision entre le Liban et Israël à Washington, le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé les opérations israéliennes comme une "agression inadmissible". Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a échangé avec Aoun et Netanyahu au sujet des négociations, affirmant que les États-Unis proposaient un plan clair : le Hezbollah doit cesser toutes les attaques contre Israël en échange d'une cessation des frappes sur Beyrouth.
Depuis le début de la guerre, qui a éclaté le 2 mars, plus de 3 400 personnes ont trouvé la mort au Liban, tandis qu'un million d'habitants ont été déplacés. En parallèle, le bilan humain au sein de l'armée israélienne s'élève à 26 soldats, avec un décès supplémentaire enregistré lundi.







