Israël a hissé son drapeau dimanche 31 mai sur la forteresse de Beaufort, un acte à forte charge symbolique qui renvoie aux souvenirs de l'occupation de 1982. Benyamin Netanyahou évoque un « tournant décisif » dans la stratégie israélienne visant à étendre son influence vers le nord en raison de la position stratégique portée par ce fort.
Cette action marque une escalade notable. Quarante-quatre ans après, Israël affiche une victoire symbolique en déclarant la forteresse à nouveau sous son contrôle. Malgré le cessez-le-feu instauré depuis le 17 avril, l’État hébreu se félicite d’un repositionnement qui, selon les propos de Netanyahou, pourrait « étendre son emprise sur les lieux qui étaient sous le contrôle du Hezbollah ».
En ce jour particulier de commémoration pour les soldats tombés lors de la Première Guerre du Liban, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré sur Telegram que des soldats avaient repris possession du sommet de Beaufort et hissé de nouveau le drapeau israélien. Les échos de cette époque, où l'armée israélienne avançait au nord jusqu'à Beyrouth, suscitent des craintes au sein des Libanais quant à une occupation prolongée de leur territoire.
La prise de cette forteresse historique pourrait faciliter une avancée israélienne vers la région de Nabatieh, au nord du fleuve Litani, marqueur supposé de la zone tampon souhaitée par Israël. Durant les deux décennies d'occupation du sud du Liban jusqu'en 2000, Beaufort avait été un avant-poste stratégique pour les forces israéliennes. C'est dans ce contexte que le Hezbollah, un mouvement de résistance chiite soutenu par l'Iran, avait vu le jour.
Avec une altitude de 710 mètres, la forteresse domine le fleuve Litani et certaines parties du nord d'Israël. Cette position en fait un point névralgique depuis sa construction, multiséculaire, et convoitée par divers conquérants. Son appellation arabe, Qala’at ash-Shqif, signifie « château du Haut Rocher », tandis que son nom français est hérité des croisés.
Position stratégique
À partir du XIIe siècle, cette forteresse passe de mains en mains, des croisés aux Ottomans, et devient un site de combativité majeur lors des conflits qui opposent Israël à d'autres factions, notamment l'Organisation de libération de la Palestine qui en avait fait un bastion.
Les préoccupations contemporaines autour de cette fortification s'accroissent dans le contexte actuel de tensions grandissantes entre Israël et le Hezbollah. En 2024, pour prévenir d'éventuels dommages lors des hostilités, l'UNESCO lui avait accordé une protection renforcée, tout comme à 33 autres sites culturels au Liban. Ce geste témoigne de l'importance historique et culturelle de la forteresse de Beaufort dans le paysage libanais.







