Séoul (AFP) – Un tribunal de la capitale sud-coréenne a récemment émis un nouveau mandat d'arrêt pour l'ancien président Yoon Suk Yeol, prolongeant ainsi la détention de celui qui a brièvement établi la loi martiale fin 2024. La décision s'inscrit dans un contexte judiciaire tumultueux où l'ancien chef d'État est confronté à des accusations graves.
Les procureurs, ayant déjà inculpé M. Yoon pour des infractions telles que "l'aide à l'ennemi", affirment qu'il aurait ordonné des survols de drones au-dessus de la Corée du Nord pour justifier sa prise de pouvoir. À ce sujet, un responsable du tribunal de district central de Séoul a précisé que le nouveau mandat avait été délivré par crainte que l'ex-président n'entrave les investigations en détruisant des preuves.
Le mandat initial devait expirer le 18 janvier, mais la nouvelle décision prolonge la détention pouvant aller jusqu'à six mois. Yoon, destitué en avril, a déclenché une crise politique sans précédent en essayant de contourner le pouvoir civil : il avait mobilisé l'armée pour s'opposer à une décision parlementaire qui rejetait sa déclaration de loi martiale le 3 décembre 2024, faisant de lui le premier président en exercice à être arrêté.
Après une résistance de plusieurs semaines, Yoon a été arrêté en janvier 2025, utilisant ses moyens de sécurité présidentielle pour tenter d'échapper à la justice. Bien qu'il ait été libéré en mars pour des raisons de procédure, son procès pour insurrection se poursuit, et il a été de nouveau incarcéré en juillet, alimentant les craintes d'une destruction de preuves. En plus de ces accusations, il doit également répondre d'entraves à la justice, notamment par la non-participation à des réunions cruciales concernant la loi martiale.
Les procureurs ont récemment requis une peine de 10 ans de prison contre Yoon pour ses diverses infractions. Un jugement est attendu le 16 janvier prochain, tandis que le climat politique et judiciaire en Corée du Sud reste tendu. Les observateurs, comme le politologue Kim Jong-un, soulignent l'impact de cette saga sur l'avenir de la démocratie sud-coréenne, affirmant que "le cas Yoon pourrait redéfinir la manière dont le pouvoir est perçu et exercé dans le pays".







