Les récentes manifestations en Iran, déclenchées par des préoccupations économiques, ont pris une tournure dramatique après que le président Donald Trump a menacé d'intervention si la répression des manifestants pacifiques se poursuivait. Les autorités iraniennes, tout en condamnant les menaces, affirment qu'elles réagiront fermement si cette "ligne rouge" est franchie.
D'après des sources locales, au moins six personnes ont perdu la vie lors d'affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants dans l'ouest du pays. Initialement centrées sur des questions économiques, les revendications des protestataires se sont élargies pour inclure des demandes politiques, une situation qui agite de nombreuses villes, principalement dans l'ouest, apportant un écho aux mobilisations passées.
Les manifestations, qui ont débuté à Téhéran, ont vu des commerçants fermer leurs magasins pour dénoncer une inflation galopante et un climat économique désastreux. Dans une déclaration sur son réseau social, Trump a affirmé : "Si l'Iran tire sur des manifestants pacifiques, les États-Unis seront à leur secours. Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir." Cette déclaration a provoqué une réaction virulente des autorités iraniennes, notamment de Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême, qui a averti que toute intervention américaine entraînerait une réponse immédiate.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les menaces de Trump de "dangereuses" et a précisé que les forces armées étaient prêtes à défendre la souveraineté iranienne. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré : "Les attaques contre nos biens publics ne seront pas tolérées, même si la majorité des manifestants se sont mobilisés pacifiquement." Cette dynamique a évolué rapidement, ce qui incite les autorités à adopter une approche à la fois répressive et conciliatrice face aux revendications qu’elles considèrent comme "légitimes".
Le porte-parole de la police, Saïd Montazeralmahdi, a compris les motivations économiques des manifestants tout en se montrant ferme sur la nécessité de maintenir l'ordre public. Les autorités ont également utilisé la répression, arrêtant au moins 30 personnes accusées de "troubles à l'ordre public".
La crise actuelle est exacerbée par l'impact prolongé des sanctions internationales et d'une inflation qui a considérablement affaibli le rial iranien. Des experts, comme le professeur de sciences politiques Farhad Khosravi, soulignent que le gouvernement iranien doit naviguer entre la répression de la dissidence et la nécessité d'apporter des solutions aux crises économiques afin d'éviter une escalade de la violence.
Alors que les manifestations s'intensifient, le climat régional reste volatile. Le guide suprême, Ali Khamenei, a été mis en garde par des conseillers qui relèvent le risque de "déstabilisation" pour les États-Unis et leurs alliés dans la région. Les répercussions de cette agitation pourraient s'étendre au-delà des frontières iraniennes, ajoutant une complexité supplémentaire aux relations déjà tendues de l'Iran avec ses voisins.
Les manifestations d'aujourd'hui, si elles rappellent celles de 2022 suite au décès de Mahsa Amini, se déroulent dans un contexte de plus grande vulnérabilité pour le gouvernement iranien, affaibli par une guerre avec Israël et les sanctions prolongées sur son programme nucléaire.







