Arques (France) – Le site français d'Arc, spécialisé dans la production de verre pour les arts de la table, traverse une période tumultueuse. En redressement judiciaire depuis mercredi, l'entreprise, qui emploie 3.500 personnes à Arques, envisage un « redimensionnement » de ses activités, selon Timothée Durand, candidat à la reprise. Cette annonce suscite des inquiétudes croissantes parmi les salariés, déjà en proie à l'incertitude sur leur avenir.
« Tout le monde est dans l'incertitude et a peur pour son travail », a exprimé un salarié, Bernard Fossier. Les craintes se sont intensifiées suite à l'officialisation du redressement judiciaire, qui survient après une accumulation de dettes jugées trop lourdes.
Timothée Durand a noté que la procédure était indispensable pour relancer l'entreprise sur des bases plus solides. Il a promis que le projet de reprise viserait à « réduire la production à un des deux fours » de l'usine, tout en assurant que les installations pour le verre cristallin et opale ne seraient pas affectées. Toutefois, les chiffres précis concernant les suppressions d'emplois restent flous, M. Durand se réservant le droit de revenir avec des précisions d'ici quelques semaines.
Ce plan de restructuration est d'autant plus urgent que le marché des arts de la table connaît une baisse significative, allant de 15 à 20 % selon les secteurs, particulièrement dans la restauration, qui a été durement touchée par la crise sanitaire et économique, comme le rapporte Le Monde.
La situation actuelle a également attiré l'attention du gouvernement. Sébastien Martin, ministre délégué à l'Industrie, a affirmé que l'État serait un allié de choix pour les employés ainsi que pour les repreneurs, insistant sur l'importance d'un « nouveau pacte social » dans le contexte de cette restructuration.
Les initiatives de redressement ne sont pas nouvelles pour Arc, qui a bénéficié par le passé de plans de refinancement. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, reconnaît que le nouveau plan « aura des conséquences pour l'emploi », mais il est déterminé à collaborer avec les élus pour trouver des solutions aux salariés potentiellement laissés pour compte.
Au sein de l'usine d'Arques, l’espoir perdure. Francis Bultel, qui a passé 38 ans chez Arc, appelle à mettre sa confiance dans Timothée Durand, dont la famille a une longue histoire avec l’entreprise. « On y croit. On espère qu'ils pourront nous sauver », a-t-il déclaré, résumant bien les sentiments de ses collègues face à un avenir incertain mais potentiellement prometteur.







