Dans un climat d'incertitude, un élan de solidarité se fait jour à Minneapolis. Lorsque Jennifer Arnold a appris que l'un de ses voisins était arrêté par la police de l'immigration, elle a rapidement réagi pour offrir son aide. Un mois après cet incident, des dizaines d’enfants latino-américains, paralysés par la peur, peuvent aller à l’école grâce à un système de ramassage scolaire qu'elle a lancé dans son quartier.
Cela a commencé en décembre, lorsque l’ICE a intensifié ses opérations dans cette ville du nord des États-Unis, annonçant un durcissement des contrôles sur la population immigrée. "Le mari de ma voisine a été arrêté à son travail, sorti de sa voiture sous les yeux de tout le monde", se souvient Jennifer, les larmes aux yeux. "Ça a été un choc terrible pour nous tous." Face à la peur grandissante, où parents et enfants hésitent à sortir, elle a décidé qu'il fallait agir.
Parlant couramment espagnol, cette maman de 39 ans, active dans une ONG de défense des locataires, a imaginé un plan. Au départ, elle a contacté les familles du quartier pour leur proposer de s’organiser : "Si je peux trouver quelqu'un pour accompagner votre enfant, seriez-vous d'accord ?" Ce dispositif a commencé modestement : douze enfants, puis dix-huit, et aujourd'hui, une trentaine de familles profitent de cette initiative.
Les voisins se mobilisent : en conduisant des enfants jusqu’à leurs arrêts de bus ou en les ramenant à la fin de la journée, ils rétablissent un semblant de normalité. Les efforts ne s’arrêtrent pas là. Durant les vacances de Noël, Jennifer a organisé des distributions alimentaires pour celles et ceux en difficulté, les appelant à "adopter une famille" pour les soutenir. Les retours ont été émouvants : "Mes enfants auraient eu faim sans ça", témoignent certains récipiendaires, selon des sources locales.
La tragique mort de Renee Nicole Good, une mère américaine tuée par un agent de l'ICE dans une banlieue de Minneapolis, a intensifié ce mouvement de solidarité. Une vague d'empathie a émergé, et des élèves, des parents et même des enseignants s'équipent de sifflets pour alerter la communauté en cas de présence de l'ICE. Natasha Dockter, une éducatrice de la ville, confie : "Ce sifflet est devenu un symbole de notre résistance collective. On en parle entre voisins ; il est important de se soutenir dans ces moments difficiles."
Les écoles, conscientes de cette situation, mettent aussi en place des solutions adaptées, notamment de l'enseignement à distance pour ceux qui le nécessitent. Les effets de cette crise touchent également les enfants qui ne sont pas directement concernés. Becca Dryden, une mère de famille, explique l’inquiétude ambiante : "Il y a des enfants traumatisés, et pour nous, parents, il faut gérer ces émotions qu'ils transmettent. C'est un véritable choc pour tout le monde, pas seulement les immigrés."
A Minneapolis, la solidarité devient une nécessité vitale face à cette montée des tensions. Les actions de Jennifer et de nombreux autres acteurs de la communauté montrent bien qu'unis, ils peuvent créer des solutions face à un environnement souvent hostile. Une leçon de résilience et d'entraide que d'autres quartiers pourraient bien s'inspirer.







