Les partis politiques de Nouvelle-Calédonie ont scellé un nouvel accord, dénommé "Élysée-Oudinot", à l’Élysée, visant à revitaliser un processus politique enlisée depuis le rejet de l'accord de Bougival par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Cette étape importante a été atteinte après plusieurs jours de négociations à Paris.
L'accord Élysée-Oudinot se positionne comme un complément à l'accord de Bougival signé le 12 juillet 2025, qui prévoyait la création d'un État calédonien avec une nationalité propre tout en maintenant des liens avec la France. Cette proposition avait été catégoriquement rejetée par le FLNKS, ce qui a conduit à un blocage du dialogue politique.
La reconnaissance de l'identité kanak en ligne de mire
Un des points saillants de ce nouvel accord est la réaffirmation de la reconnaissance de l'identité kanak. Les membres des différentes délégations ont également convenu de la nécessité d'initier une nouvelle étape dans la construction de l'identité calédonienne, évoquée dans les accords de Nouméa de 1998. Cet engagement souligne l'importance de transférer certaines compétences actuellement au bénéfice de l'État, tout en garantissant un cadre d'organisation adéquat.
Lors de ces discussions, les délégations ont également convenu de réformer le pacte économique et social de l'archipel, avec un soutien financier appuyé par l'État. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a évoqué un chemin difficile, précisant que l'accord reflète au moins "deux, voire trois, aspirations différentes" au sein de la population calédonienne.
Un avenir incertain sans le FLNKS
Toutefois, l'absence du FLNKS dans les discussions soulève des questions. Malgré les efforts des autres partis, beaucoup s'accordent à dire qu'aucun accord durable ne pourra être conclu sans l'implication de ce mouvement traditionnel d'indépendance. Le député loyaliste Nicolas Metzdorf s'est montré optimiste, mais a admis que le chemin à parcourir jusqu'à l'approbation parlementaire était semé d'embûches.
Les délais sont serrés avec l'objectif d'une adoption du projet de loi constitutionnelle dès février, et une présentation aux Calédoniens prévue pour l'été. Les élections provinciales, tant attendues et déjà reportées à plusieurs reprises, devraient avoir lieu avant la fin de l'année 2026.
Le climat politique est déjà tendu, principalement en raison des tensions suscitées par les réformes des droits de vote qui, depuis 1998, limitent l'accès aux scrutins provinciaux. Ces ajustements ont déclenché des émeutes importantes en mai 2024, entraînant bilans tragiques et une crise économique sévère. Selon des experts de la situation en Nouvelle-Calédonie, "un dialogue sincère entre toutes les parties, y compris le FLNKS, reste crucial pour rétablir la paix".
Cet accord constitue une lueur d’espoir dans un contexte de tensions persistantes, mais sa mise en œuvre réelle dépendra de la volonté des acteurs politiques de s'entendre et de dépasser leurs divergences historiques.
Sources : AFP, France 24







