Le chef de la police iranienne, Ahmad-Reza Radan, a annoncé un ultimatum de trois jours aux personnes impliquées dans les récentes émeutes, sur fond de répression sanglante contre un mouvement de contestation qui a ébranlé le pays. À l’origine de ces événements, des manifestations lancées le 28 décembre, en réaction à la flambée des prix et à la crise économique, ont rapidement pris une ampleur sans précédent.
Le 8 janvier, les manifestations ont gagné en intensité, défiant l’autorité de la République islamique. Selon des organisations non gouvernementales (ONG), cette vague de colère a entraîné la mort de milliers de personnes, exacerbée par une répression violente des forces de sécurité. Radan a déclaré à la télévision d’Etat que les jeunes pris dans ces événements sont considérés comme des victimes trompées et non comme des ennemis.
« Nous accordons un délai de trois jours aux personnes concernées pour se rendre aux autorités. Celles qui le feront bénéficieront d’un traitement plus clément », a-t-il ajouté. Ce discours vise à apaiser les inquiétudes des familles de manifestants tout en intensifiant la pression sur ceux qui pourraient craindre des représailles. Cependant, à peine quelques heures après cette annonce, les dirigeants des principaux organes de l’État ont promis de punir sévèrement les instigateurs de ces « incidents terroristes », comme le rapporte la télévision nationale.
Des estimations évoquent jusqu'à 20 000 arrestations, tandis que le bilan humain de la répression dépasse les 3 428 morts, selon des chiffres avancés par l'ONG Iran Human Rights (IHR). Amnesty International a qualifié cette répression de « massacre », particulièrement alarmée par l’absence de communication en raison d’un blackout total des réseaux, entravé depuis plus de dix jours.
Le guide suprême, Ali Khamenei, a pour sa part attribué ces violences à des « sédicieux » manipulés par des puissances étrangères, affirmant que des milliers de décès ont été le résultat de la conspiration de l’Occident.
Sur le plan juridique, le porte-parole de la justice iranienne, Asghar Jahangir, a promis la mise en place de procès rapides contre les prévenus, précisant que certains actes relèvent du crime de « guerre contre Dieu », passible de la peine de mort, habituellement exécutée par pendaison.
Ces déclarations ont suscité des craintes croissantes autour d’éventuelles exécutions de contestataires dans un contexte où l’Iran connaît déjà un nombre alarmant d’exécutions, notamment un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme indiquant qu'au moins 1 500 personnes auraient été exécutées en 2025.
Le président Masoud Pezeshkian et d’autres hauts responsables ont déclaré travailler sans relâche pour résoudre les problèmes économiques du pays, qui a été durement frappé par l’hyperinflation et les sanctions internationales liées à son programme nucléaire. Selon Le Monde, ces troubles sont également exacerbés par la chute de la monnaie nationale, le rial, qui a perdu plus d'un tiers de sa valeur face au dollar en l'espace d'un an.
Les répercussions de cette crise pourraient encore engendrer des bouleversements à travers l'Iran, alors que les attentes de la population face à des réformes structurelles demeurent insatisfaites. Les prochains jours seront cruciaux pour l’avenir de ce mouvement de contestation.







