Les équipementiers français plaident pour un contenu local de 75 % dans l'automobile européenne

Les équipementiers réclament une meilleure protection de l'industrie automobile européenne.
Les équipementiers français plaident pour un contenu local de 75 % dans l'automobile européenne

Le 19 janvier dernier, trois grands acteurs de l'industrie automobile en France, Valeo, Forvia et OPmobility, ont fait front commun pour demander à l'Union européenne d'instaurer un minimum de 75 % de contenu local dans la fabrication des véhicules sur le territoire européen. Cette demande survient alors même que la Commission européenne s'apprête à annoncer des mesures sur ce sujet crucial.

Les dirigeants des trois entreprises, Félicie Burelle d’OPmobility, Martin Fischer de Forvia et Christophe Périllat de Valeo, affirment que "partout dans le monde, nos concurrents bénéficient de protections adaptées". Ils soulignent la nécessité d'appliquer des règles strictes pour inciter les marques souhaitant commercialiser leurs véhicules en Europe à produire localement avec des composants d'origine européenne.

Dans leur tribune publiée dans Les Échos, les trois cadres mentionnent que la part de production en Europe des voitures vendues sur le marché européen est déjà de 75 % pour les composants, excluant les batteries. Ils appellent donc à sécuriser ce seuil pour toutes les motorisations, et non uniquement pour les véhicules électriques.

Pour eux, il est impératif que cette politique de préférence s'applique strictement aux 27 États membres de l'UE. "Inclure des pays partenaires commerciaux comme la Turquie ou le Maroc risquerait de compromettre l'effet des nouvelles régulations". En effet, ces dernières années, des constructeurs comme Renault ou Stellantis se tournent vers des sites de production dans ces pays pour réduire les coûts, ce qui pose un défi à l'industrie européenne.

Les trois entreprises exigent par ailleurs un traitement particulier pour les batteries, représentant jusqu'à 50 % de la valeur d'un véhicule électrique. Cela afin d'éviter que des normes uniformes ne conduisent à un déséquilibre dans les efforts de production au sein de l'industrie automobile locale.

Cependant, toutes les entreprises françaises ne partagent pas cette vision. Renault propose un seuil de 60 % de contenu local pour tous les types de véhicules, tandis que Stellantis reste vague sur ses intentions. Michelin exprime également son soutien à des mesures de contenu local, à condition qu'elles ne freinent pas l'innovation.

La Commission européenne doit bientôt dévoiler ses propositions concernant les exigences de contenu local, un sujet déjà chaudement débattu en raison des lourdes taxes douanières instituées en 2024 sur les voitures électriques provenant de Chine. L'avenir de l'industrie automobile en Europe pourrait dépendre de ces décisions stratégiques.

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