Depuis des décennies, l'ambassade de France à Bagdad occupe une résidence anciennement détenue par une famille juive, aujourd'hui réfugiée au Canada. Cette situation soulève des questions de droits et de compensations, alors que la famille réclame des loyers dus pour l'utilisation de leur bien historique.
L'affaire, révélée par plusieurs médias français, évoque des souvenirs sombres de l'occupation et de la persécution. Le tribunal administratif de Paris a examiné la demande de la famille Lawee, qui, selon leur avocat, Maître Mignard, est toujours juridiquement propriétaire de la résidence. « Le loyer devrait leur être versé », insiste-t-il, faisant valoir que l'administration irakienne ne devrait pas en être bénéficiaire.
Depuis l'exil des juifs irakiens, de nombreuses familles se battent pour récupérer leurs biens perdus. La communauté juive irakienne, autrefois parmi les plus anciennes du Moyen-Orient, a été contrainte de fuir à la suite de tensions politiques croissantes. Les conséquences de cette migration forcée se font encore sentir aujourd'hui, alors que des descendants de juifs irakiens comme la famille Lawee se battent pour la reconnaissance de leurs droits.
Maître Mignard a exprimé son indignation face à la lenteur de la réponse de l'État français. Il réclame plus de 24 millions d'euros pour loyers non payés sur une période de plus de cinquante ans, soulignant que « ce n’est pas digne de la France ». Il ajoute que les accords de location, rédigés en français, semblent démontrer un attachement à la législation française plutôt qu'à la loi irakienne, contestant ainsi le rejet préliminaire de la demande basé sur des arguments de compétence.
Cette affaire fait écho à un partenariat stratégique entre la France et l'Irak, un pays avec lequel la France entretient des relations historiques. Depuis des années, les autorités françaises tentent de naviguer habilement dans ce terrain délicat, mais des expertises juridiques comme celles de Maître Mignard soulignent que le précédent historique des spoliations juives en Irak nécessite désormais une attention particulière.
Alors que le tribunal a mis l'affaire en délibéré, l’issue reste incertaine. Entre le respect du patrimoine juif irakien et les relations diplomatiques avec Bagdad, la France se trouve à un carrefour crucial, observant de près l'évolution de cette affaire complexe.







