Annick Girardin, sénatrice de Saint-Pierre-et-Miquelon, tire la sonnette d’alarme au sujet d'un projet de transfert du contrôle d'une partie de l'espace aérien français au Canada. Elle a récemment adressé une lettre à Emmanuel Macron, dénonçant ce qu'elle qualifie d'« abandon manifeste » de la souveraineté française. Il semblerait qu'une zone, dite d'« approche », située en dessous de 6 000 pieds (1 800 mètres), soit envisagée pour être confiée au Canada. Les raisons avancées seraient principalement administratives et techniques, selon des sources gouvernementales examinées par France Info.
Gérant un espace aérien essentiellement sous souveraineté française, Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel de 6 000 habitants, se trouve dans une situation géographique singulière, puisque son espace aérien est enclavé dans celui du Canada. Annick Girardin a exprimé ses préoccupations, soulignant que cette décision serait perçue localement comme un renoncement à l'exercice des droits souverains de la France dans cette zone.
« Comment prétendre défendre notre influence diplomatique si nous ne sommes pas en mesure de protéger nos propres territoires ? » questionne l’ancienne ministre des Outre-mer qui a occupé divers portefeuilles entre 2014 et 2022. Elle rappelle que la souveraineté française dans ce bassin nord-américain n'a jamais été remise en cause auparavant.
Dans un contexte international tendu, accentué par les ambitions réitérées des États-Unis sur le Groenland, Girardin appelle à un accord de coopération entre la France, le Danemark et le Groenland, en intégrant Saint-Pierre-et-Miquelon, pour renforcer leur position face à ces enjeux géopolitiques croissants.
Certaines voix s'élèvent pour rappeler que les PTOM (pays et territoires d'outre-mer) doivent conserver leur lien direct avec la France. « On ne sous-traite pas sa souveraineté », insiste Annick Girardin, affirmant qu'un transfert de contrôle aurait des répercussions considérables sur la crédibilité française à l'international.
Ainsi, les discussions autour de ce projet de transfert continuent d'alimenter le débat public, avec des intervenants politiques pariant sur l'importance de maintenir une souveraineté aérienne forte dans les territoires ultramarins.







