Une commission du Congrès des États-Unis a voté ce mercredi pour engager des actions contre Bill et Hillary Clinton. Les accusations portent sur leur refus de se présenter à une audition dans le cadre de l'enquête en cours sur l'affaire Epstein.
"Aucun témoin, qu'il soit un ancien président ou un citoyen ordinaire, ne peut ignorer une assignation à comparaître émise par le Congrès sans conséquences", a déclaré James Comer, le président républicain de la commission. Il a insisté sur le fait que "les Clinton doivent rendre des comptes pour leurs actions".
Un vote sera bientôt organisé au sein de la Chambre des représentants pour valider les recommandations de poursuites judiciaires à l'encontre du couple. Si elles sont approuvées, le ministère de la Justice, dirigé par Pam Bondi, proche de Donald Trump, devra entamer une procédure formelle d'inculpation, pouvant exposer Bill et Hillary Clinton à une peine d'un an d'emprisonnement.
L'ex-président démocrate (1993-2001) et son épouse, ancienne secrétaire d'État et candidate malheureuse à la présidentielle de 2016, avaient reçu une convocation pour des auditions séparées concernant leurs interactions avec Jeffrey Epstein, le financier controversé accusé de crimes sexuels.
Cependant, dans une correspondance cinglante, le couple a décliné l'invitation, reprochant à James Comer de mener une chasse aux sorcières contre des opposants politiques plutôt que de s'engager dans une recherche de vérité. "Nous avons tenté de fournir les informations disponibles, car les actes de M. Epstein étaient révoltants", ont-ils déclaré.
James Comer a quant à lui exprimé son mécontentement, affirmant que les Clinton n'avaient fait preuve ni de coopération ni de bonne foi, avec des retards incessants et des excuses répétées.
Lors de cette réunion, il a également annoncé que Ghislaine Maxwell, associée de Jeffrey Epstein, serait entendue le 9 février. Cependant, il convient de noter qu'elle souhaite user de son droit au silence, comme l'indiquent ses avocats.
Jeffrey Epstein, figure de proue du milieu new-yorkais, est accusé d'avoir abusé sexuellement de plus d'un millier de jeunes femmes, y compris des mineures. Son décès en 2019, trouvé pendu en cellule avant son procès, alimente de nombreuses spéculations, notamment des théories évoquant un assassinat pour protéger des personnalités influentes.
Durant sa campagne de 2024, Donald Trump avait exprimé son intention de rendre les documents publics. Toutefois, des critiques à l'encontre de son administration pour une absence de transparence persistent, notamment après que le couple Clinton ait été assigné à comparaître devant le Congrès en août.
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises sur le jet privé d'Epstein, a soutenu qu'il n'avait pas été en contact avec lui depuis plus d'une décennie et a toujours fermement nié avoir eu connaissance des crimes du financier. De son côté, Trump a également démenti toute connaissance des agissements criminels d'Epstein et affirme avoir mis un terme à leur relation bien avant les poursuites judiciaires contre lui.
Par ailleurs, à la fin de l'année dernière, le gouvernement Trump a enfin commencé à publier des documents, photos, et vidéos relatifs à Epstein. Cependant, les exigences populaires pour un accès complet aux dossiers restent insatisfaites, avec de larges parties du contenu soigneusement expurgées.
"Il est inacceptable et contraire à la loi que le ministère de la Justice n'ait rendu publics que 1% des documents attendus", a critiqué Robert Garcia, élu démocrate, lors de la réunion de la commission.







