L'ukraine a dénoncé une "nuit de terreur", après des attaques nocturnes russes ayant causé au moins un mort et 27 blessés, juste avant la reprise des pourparlers à Abou Dhabi entre Ukrainiens, Russes et Américains concernant les conditions d'un règlement du conflit.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a souligné le cynisme de Vladimir Poutine, qui a ordonné des frappes massives pendant que des délégations cherchaient à avancer vers une paix négociée.
Les discussions à Abou Dhabi visent à trouver des solutions à la guerre qui dure depuis quatre ans, se heurtant notamment à la question délicate du Donbass, un territoire en grande partie contrôlé par la Russie. Le Kremlin a déclaré qu'un retrait des forces ukrainiennes de cette région était une condition préalable à tout accord.
Roustem Oumerov, le négociateur en chef ukrainien, a déclaré que les discussions initiales ont porté sur les moyens d'une paix durable, alors même que la guerre a causé de nombreuses pertes humaines depuis 2022. Les conversations en cours à Abou Dhabi représentent pour la première fois des négociations directes entre Moscou et Kiev positionnées sur un plan américain.
La délégation russe est dirigée par le général Igor Kostioukov, tandis que les États-Unis sont représentés par Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a insisté sur le fait qu'une volonté de paix doit également émerger du côté russe pour mettre un terme à ce conflit.
Les autorités ukrainiennes ont également mis en place un "état d'urgence" pour protéger le réseau énergétique, souvent ciblé par les frappes russes, aboutissant à des coupures d'électricité et de chauffage durant des périodes de froid extrême, avec des températures atteignant -10°C.
Selon le maire de Kiev, Vitali Klitschko, la situation est critique, avec de nombreux bâtiments privés de services essentiels suite aux bombardements. Le président Zelensky a rapporté que 370 drones et 21 missiles avaient été utilisés pour frapper des installations civiles, y compris une maternité à Kharkiv.
La pression sur les troupes ukrainiennes persiste, ces dernières étant confrontées à un adversaire disposant de plus de moyens, tandis que des appels ont été lancés pour un retrait des forces ukrainiennes du Donbass, ce qui demeure un point de friction majeur dans les discussions. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a clairement stipulé qu'un accord de long terme est irréaliste sans traiter la question territoriale.
Les pourparlers à Abou Dhabi font suite à plusieurs rencontres de haute volée, dont une récente entre Zelensky et Trump à Davos. Ces négociations se déroulent en l'absence des pays européens, qui craignent une pression des États-Unis sur Kiev pour conclure un accord inacceptable pour l'ukraine, une préoccupation également partagée par la Russie quant à l'ingérence européenne.
Lors de son passage à Davos, Zelensky a exprimé sa frustration face à une Europe "fragmentée" et a plaidé pour une renforcement de la volonté politique pour contrer l'agression russe.







