Dans une récente interview accordée à divers médias européens, Emmanuel Macron a plaidé pour l'introduction d'une nouvelle forme de dette commune, les eurobonds, afin d'accélérer les investissements dans des domaines critiques tels que la transition écologique et les technologies avancées comme l'intelligence artificielle.
Cette proposition de mutualisation de la dette, que le président français caractérise de "révolution continentale", est essentielle si l'Union européenne souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis des grandes puissances comme les États-Unis et la Chine. Lors d'une réunion informelle des dirigeants européens prévue pour le 12 février, Macron relancera le débat sur cette initiative, éclairant la nécessité d'un cadre financier robuste face aux défis géopolitiques et économiques actuels.
1 - Qu'est-ce qu'un eurobond ?
"Il est impératif que l'Union Européenne envisage la mise en place d'une capacité d'endettement commune, via des eurobonds", a souligné Emmanuel Macron dans son entretien. Selon Eric Dor, économiste à l'IESEG, cette mesure est cruciale pour renforcer la position de l'Europe sur la scène mondiale. "La fragmentation des dettes publiques entre 27 États membres affaiblit notre collectivité face à des acteurs comme les États-Unis, dont la dette publique attire les investisseurs", explique-t-il.
Macron estime que de tels mécanismes permettraient non seulement d'optimiser les taux d'intérêt pour les économies déjà endettées, comme la France et l'Italie, mais aussi de renforcer le statut de l'euro en tant que monnaie de réserve internationale.
2 - Comment les rembourser ?
Le précédent des coronabonds, créés lors de la crise de la COVID-19, pourrait servir de modèle. Établis pour soutenir un plan de relance massif, ces instruments ont démontré leur capacité à conjuguer subventions et prêts. À cette occasion, la Commission européenne avait contracté des emprunts, financés par des contributions accrues ultérieures des États membres.
3 - Qu'en pensent les autres pays européens ?
La France se heurte à l'opposition de pays économiquement prudents, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, qui craignent que des eurobonds n'encouragent une gestion financière laxiste. "C’est comme si votre voisin surendetté vous demandait de co-emprunter pour son loyer", illustre Eric Dor.
Cependant, cette situation met en lumière l'interdépendance croissante des économies européennes. Dans un climat où les perspectives commerciales avec la Chine et les États-Unis diminuent, la solidarité au sein du marché unique devient plus essentielle que jamais.







