La participation de l'Iran à la Coupe du monde 2026, qui se déroulera en juin au Canada, au Mexique et aux États-Unis, est mise en question en raison des frappes américaines menées avec Israël sur son sol. Une situation sans précédent pour la FIFA, qui se retrouve confrontée à un dilemme compliqué.
Avec le déclenchement de l'opération américano-israélienne "Fureur épique" contre l'Iran le 28 février, la question d'une participation de la "Team Melli" en Amérique du Nord se pose de plus en plus. Sportivement qualifiée, l'équipe se demande si elle se rendra à ce Mondial prévu du 11 juin au 19 juillet.
Quelle est la position de l'Iran ?
Un éventuel boycott de la Coupe du monde a été brièvement envisagé par l'Iran. Suite au début des hostilités, le président de la Fédération iranienne, Mehdi Taj, a exprimé ses réserves, affirmant que la décision finale dépendrait des "autorités sportives". "Ces événements ne resteront pas sans réponse... Actuellement, envisager la Coupe du monde avec optimisme paraît difficile", a déclaré Taj à la télévision nationale, en annonçant la suspension de tous les matchs au niveau local.
Ayant décroché sa place pour la septième fois dans l'histoire de la compétition, l'Iran se retrouve dans un groupe G comprenant la Belgique, l'Égypte et la Nouvelle-Zélande, avec des matchs prévus à Seattle et à Los Angeles, où réside une importante diaspora iranienne.
Quelle est la réaction de la FIFA ?
La FIFA, de son côté, fait preuve de prudence face à la possibilité d'un retrait de l'Iran, avec des déclarations de Mattias Grafstrom, secrétaire général, indiquant qu'il est encore trop tôt pour commenter. Aucun dialogue n’a encore été engagé avec la fédération iranienne concernant une éventuelle absence.
À moins de 100 jours du début de la compétition, cette situation embarrasse la FIFA, notamment son président Gianni Infantino, né de sa proximité avec le président américain, Donald Trump. D'autres nations, comme l'Arabie saoudite et le Qatar, endurent également les répercussions de ces conflits.
Des précédents similaires
Bien que le monde du sport ait déjà été témoin de boycotts lors des Jeux olympiques — notamment en 1980 à Moscou et en 1984 à Los Angeles — la Coupe du Monde de football a jusqu'ici réussi à échapper à de telles situations. Certaines menaces de boycott ont été formulées dans le passé, comme lors du Mondial de 1978 en Argentine, mais aucune n’a abouti.
Des pays comme la Yougoslavie ont été exclus d'événements sportifs en raison de guerres, un précédent que la FIFA pourrait être amenée à examiner avec le cas iranien. De même, les clubs russes et leur sélection sont suspendus suite à l'invasion de l'Ukraine.
Ce que dit le règlement
La FIFA n'envisage pas un boycott dans ses règlements, et si une telle situation se présente, elle pourrait décider de repêcher une autre équipe. Le règlement de la Coupe du Monde 2026 fait mention de la "force majeure" et laisse aux organisateurs le soin de prendre les décisions nécessaires. En cas d'absence de l'Iran, une équipe asiatique pourrait être intégrée, surtout qu'il y a une opportunité pour l'Irak de se qualifier.
Dans ce contexte géopolitique délicat, chaque décision prise par la FIFA pourrait avoir des répercussions importantes tant sur le plan sportif que diplomatique.







