ENTRETIEN. Le maire du Rassemblement National de Vauvert, Nicolas Meizonnet, aborde les controverses causées par l'annulation d'une exposition et la déprogrammation d'un festival de jazz. Selon lui, ces décisions font partie d'une volonté d'orienter la culture vers un modèle plus inclusif et populaire.
Valeurs actuelles. Vous avez récemment annulé l'exposition d'un photographe dont le travail, selon vous, est biaisé. Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?
Nicolas Meizonnet. À mon arrivée, j'ai été confronté à une réalité financière alarmante : 19,2 millions d'euros de dette. Il a donc été crucial de réduire les dépenses.
J'ai enquêté sur l'artiste en question, et j'ai découvert qu'il diffusait des propos extrêmement méprisants envers le Rassemblement national, allant jusqu'à traiter ses partisans de nazis. Comme aucun contrat n'avait été signé, je n'étais pas tenu de maintenir cette exposition, qui coûtait 2 300 euros. Il me semble injuste de financer une exposition par des deniers publics tout en étant insulté.
Allez-vous désormais évaluer les opinions politiques des artistes programmés ?
Non, ce n'est pas l'objectif. Je ne demande pas aux artistes leur opinion politique. Cependant, il y a des limites à ne pas franchir ; quand les idées laissent place à l'injure, cela devient inacceptable.
Avant cela, vous avez également déprogrammé un festival de jazz. Quelles en sont les raisons ?
C'est une question de gestion plus que de politique. Le festival coûtait 65 000 euros de subventions sans retours financiers, et il attirait un public très restreint. Avec des arènes pouvant accueillir 3 500 personnes, il est incohérent de financer un événement aussi confidentiel.
Je prône une culture accessible à tous, et non réservée à une élite. Ce que je refuse, c'est de maintenir une culture qui ne profite qu'à une minorité.
Comment ont été vos échanges avec l'association organisatrice ?
Les discussions ont été respectueuses. Ils ont même proposé de déplacer le festival sans demander de compensation. C'est pourquoi j'ai été surpris par leur réaction soudaine et agressive par rapport à nos échanges amicaux.
Avez-vous une aversion pour la culture ?
Pas du tout. Je défends simplement une vision différente. Il existe un préjugé envers les maires du RN, comme s'ils étaient naturellement opposés à l'art. C'est une idée erronée. La culture doit être un lieu de rassemblement, et trop souvent, des événements subventionnés par l'État bénéficient plus aux organisateurs qu'aux citoyens.
Quels changements envisagez-vous pour la politique culturelle à Vauvert ?
Mon ambition est d'établir une politique culturelle équilibrée et accessible. Vauvert sera le théâtre d'une grande diversité : jazz, classique, danse, théâtre, et plus encore. Nous devons viser à toucher un large public, tout en équilibrant les événements gratuits et payants.
Je souhaite aussi organiser des événements d'envergure qui engendrent des bénéfices pour la ville. Toutefois, dans un contexte budgétaire serré, il est nécessaire de faire des choix et de donner la priorité aux secteurs éducatifs et sociaux. La culture ne disparaîtra pas de Vauvert, mais elle sera réorientée pour être plus inclusive et centrée sur les habitants.







