Le candidat Les Républicains à la présidentielle, Bruno Retailleau, a révélé jeudi son initiative "d'urgence anti-trafics", visant à encercler en permanence les quartiers touchés par le narcotrafic, en réponse à la "submersion de poudre blanche" qui menace la société française.
"Il est impératif d'agir, car c'est une menace pour notre État", a-t-il souligné lors d'une visite au quartier Pablo Picasso à Nanterre. Ce lieu a récemment été le théâtre d'affrontements notables entre dealers, y compris une bagarre sur le territoire d'une école en décembre dernier.
Pour son premier déplacement en tant que candidat à l'Élysée, Retailleau a choisi de se pencher sur un sujet important : la lutte contre le narcotrafic. Cette problématique a été renforcée l'année dernière par une loi adoptée durant son mandat au ministère de l'Intérieur.
Le leader des Républicains prévoit d'ajouter une nouvelle dimension à cette loi par un dispositif qu'il qualifie d'"état d'urgence anti-trafics", en promouvant également une réforme constitutionnelle pour que ces mesures soient mises en œuvre rapidement.
"C'est une réponse résolue qui fera partie intégrante de mon projet présidentiel", a afirmé Retailleau à la presse, entouré de figures influentes comme les parlementaires Roger Karoutchi et Philippe Juvin, ainsi que Hélène Matouk, qui a récemment échoué aux municipales.
Ce "plan d'urgence" s'articule autour de trois axes. Le premier, en matière judiciaire, propose d'augmenter la durée de détention provisoire pour frapper l'économie de la drogue, ainsi que d'appliquer des sanctions plus sévères contre les mineurs, afin d'intervenir dès leurs premiers délits.
Le deuxième axe concerne directement les forces de l'ordre. Retailleau suggère de "boucler 24 heures sur 24" les zones touchées par le trafic pour contrôler les entrées et sorties. Il n'exclut pas l'utilisation de "véhicules blindés de la gendarmerie nationale", tels que le Centaure, pour renforcer les contrôles.
Ce contrôle, qui pourrait également inclure la coupure des communications, viserait entre 50 et 60 quartiers jugés hors du cadre légal de la République. Bruno Retailleau a précisé que d'autres quartiers pourraient être inclus, selon les critères retenus.
Finalement, le plan d'urgence introduirait de nouveaux "outils administratifs" pour s'attaquer au pouvoir financier des narcotrafiquants.
Ces propositions, qui placent la sécurité au cœur de la campagne électorale, suscitent des débats parmi les experts. Le sociologue Jean-Pierre Garnier déclare : "Une telle mesure peut être nécessaire, mais les implications sur la vie quotidienne des habitants des quartiers visés posent question." La stratégie de Retailleau pourrait ainsi être un test de ses ambitions présidentielles.







