Un récent rapport de la commission d'enquête parlementaire sur la grande distribution révèle des pratiques préoccupantes qui affectent aussi bien les agriculteurs que les consommateurs. Les enseignes emblématiques telles que Carrefour, Auchan et Leclerc semblent pratiquer des marges tarifaires excessives, au point que des parlementaires évoquent un "Far West" à ce sujet. Par exemple, dans le cas des œufs, certaines enseignes affichent des marges allant jusqu'à 80 %.
Des produits comme les pommes bio, proposées à 3,99 euros le kilo, et les escalopes de poulet à 24 euros le kilo, sont au cœur de ces critiques. Selon le rapport, la grande distribution semble compenser des prix bas sur des produits d'appel en augmentant les coûts sur des aliments frais, fruits, légumes et viandes, en les vendant à des prix nettement plus élevés.
Pour une cliente, cette stratégie est inacceptable : "Ils feraient mieux d'augmenter les prix des produits transformés et de baisser ceux des produits frais. Les produits transformés sont déjà de la malbouffe, et là ils font l'inverse, favorisant cette malbouffe !"
Une autre observation du rapport souligne que plus un produit est de qualité, plus la marge est conséquente. Par exemple, pour les œufs provenant d’élevages en cage, les grandes surfaces prennent une marge de 47,9 %, alors que les éleveurs ne perçoivent que 20 %. En revanche, sur les œufs bio, elles perçoivent jusqu'à 85 % de la valeur ajoutée, laissant les producteurs sans marge, des pratiques vivement critiquées par divers acteurs du secteur.
Le patron du groupe Carrefour se défend
Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a réagi à ces accusations sur France Inter : "Mes marges sont publiques. En fin d'exercice, ma marge nette s'élève à 1 % de mon chiffre d'affaires. Si les grands industriels réussissent bien, leur marge est autour de 15 %". Son affirmation pose la question de la transparence des marges dans le secteur.
Antoinette Guhl, sénatrice écologiste et rapporteuse de l'enquête, s'oppose à cette vision : "Contrairement à ce que clame la grande distribution, les marges des industriels ne sont pas excessives. En fait, elles sont faibles et cruciales pour leur capacité à réinvestir". En effet, elle souligne que près d'un tiers des entreprises industrielles se trouvent actuellement dans une situation financière précaire.
Parmi nos sources :
Relevés de prix en magasin et opinions exprimées.
Liste non exhaustive.







