Lors d'une réunion publique très suivie le 24 juin, le maire Jérémie Lampe a présenté un audit financier révélant une situation préoccupante pour la commune. Les habitants étaient nombreux à l'Astrolab pour écouter le nouvel élu évoquer un « héritage » compliqué laissé par l'ancienne municipalité.
« La transparence est notre devoir vis-à-vis de nos administrés », a précisé le maire dès le début de son discours. L'audit, réalisé par Haute-Garonne Ingénierie, montre que la situation financière de Labarthe-sur-Lèze est « dégradée ». À la fin de l'année 2025, la dette de la commune atteindrait 9,15 millions d'euros, soit 1 366 euros par habitant. Plus alarmant, la période de désendettement est désormais estimée à 15 ans, dépassant le seuil d'alerte de 12 ans.
Quelle hausse d’impôts ?
Le maire souligne que la capacité d’autofinancement de la commune est désormais négative : « Nous sommes contraints d'emprunter pour rembourser des emprunts », résume-t-il. La trésorerie, quant à elle, ne couvre plus que cinq jours d'opérations. Jérémie Lampe insiste sur le fait que « Labarthe ne peut fonctionner qu'en s'endettant », mentionnant un découvert autorisé de 800 000 euros qui est constamment utilisé.
Les questions sont nombreuses dans le public. Les habitants s'interrogent sur les investissements qui ont conduit à cette situation. Lampe souligne les frais liés aux projets majeurs du précédent mandat tels que l'Astrolab et la Plaine des Sports. Les discussions portent également sur une éventuelle augmentation des impôts, l'audit proposant une hausse de la fiscalité de 15 à 25 %, bien qu'aucune décision n'ait encore été prise.
« 23 millions d’euros d’investissements pour 9 millions de dettes »
La tension est palpable lorsque Sylvie Pottiez, ancienne adjointe aux finances et membre de l'opposition, prend la parole pour défendre le bilan de l’équipe sortante. Elle rappelle que le dernier mandat a permis d'investir 23 millions d’euros tout en ayant une dette de 9 millions, remettant en question l'analyse pessimiste des indicateurs financiers.
Le maire réplique en dénonçant des choix budgétaires à l'époque « pas soutenus par les capacités financières nécessaires » et évoque une facture controversée de 300 euros pour des gâteaux évoquée dans le cadre de la précédente campagne électorale, suscitant murmures et réactions dans la salle.
Un constat émerge cependant parmi les participants : plusieurs habitants rappellent que l'opposition, dont fait partie Jérémie Lampe, avait déjà averti depuis longtemps sur le rythme des investissements. « Nous avons échappé à une situation bien pire », témoigne une habitante, provoquant des applaudissements.
La nouvelle majorité se doit maintenant de transformer ce constat alarmant en action politique. Entre économies à réaliser, nouvelles recettes à trouver et nécessité de maintenir les services publics, le chemin à emprunter est délicat.







