La frustration grandissante des agriculteurs se manifeste à Paris, alors que la Coordination rurale (CR) prévoit une mobilisation pacifique pour faire entendre ses doléances. Malgré l'interdiction gouvernementale des convois de tracteurs, qui vise à éviter des blocages dans la capitale, le président de la CR, Bertrand Venteau, a déclaré lundi que son organisation ne se laisserait pas décourager. « Nous irons porter nos voix, même si cela implique des conséquences », a-t-il affirmé à la sortie d’une rencontre avec le Premier ministre.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de crises multiples, aggravées par la contagieuse dermatose nodulaire des bovins, la chute des prix du blé et les hausses des coûts des engrais. Les agriculteurs craignent également une concurrence déloyale de pays d'Amérique Latine dans les négociations du Mercosur et s'interrogent sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC).
Venteau a dénoncé des réponses jugées vagues de la part du gouvernement, affirmant que ses membres, éprouvés par des mois de tensions, ne céderaient pas. Le président de la Chambre d'agriculture du Gers, Lionel Candelon, a souligné : « Un arrêté ne nous arrêtera pas. Nous trouverons d'autres routes. »
En parallèle, d'autres syndicats comme la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) continuent de préparer des actions de protestation. Pierrick Horel, président des JA, a évoqué une mobilisation prévue au Parlement européen si l'accord avec le Mercosur venait à être signé.
Les récentes promesses gouvernementales de soutien financier, bien qu'accueillies avec scepticisme, visent à apaiser la colère. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un fonds hydraulique agricole de 60 millions d'euros d’ici 2026, mais de nombreux agriculteurs jugent ces mesures insuffisantes. Leur message est clair : « Nous ne nous arrêterons pas tant que nos préoccupations, notamment concernant la dermatose bovine, ne seront pas prises en compte. » (source: Le Monde)
Au fur et à mesure que la mobilisation prend de l’ampleur, il semble que 2024 sera une année marquée par les luttes agricoles, alors que le Salon de l'agriculture approche, avec de nouvelles actions prévues dans les semaines à venir.







