La conclusion des négociations sur l'accord Mercosur se profile, et la France pourrait faire face à un véritable dilemme diplomatique. Le vendredi 9 janvier, lors d'une réunion entre ambassadeurs de l'Union européenne (UE), cet accord commercial avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) sera potentiellement finalisé, avant une signature prévue le 12 janvier. Les tentatives de la France de constituer un front uni contre cet accord ont échoué, notamment avec l'Italie qui a finalement choisi de l’appuyer.
En décembre, Paris avait réussi à obtenir un délai pour réclamer des changements susceptibles d'atténuer l'inquiétude des agriculteurs français concernant les conséquences du Mercosur sur certaines productions. Néanmoins, ce répit semble désormais être une illusion, et le président de la République, qui avait promis de ne pas signer cet accord, pourrait se retrouver dans une position délicate. Cette situation pourrait alimenter un sentiment d'impuissance au sein de la population, observe un expert en politiques économiques.
La gestion de ce dossier par la France a suscité des critiques. Le gouvernement a cumulé des retards à traiter les craintes exprimées face à un accord souvent caricaturé, ce qui a contribué à le faire apparaître comme inacceptable aux yeux de nombreux Français. Les réels bénéfices économiques de l’accord, tels que présentés par des acteurs du secteur, ont été largement sous-estimés. En réalité, les quotas d'importation limiteront la part des produits sud-américains à environ 1,5 % de la consommation de l'UE, tout en garantissant le maintien d'interdictions sur l'utilisation de certains antibiotiques et hormones.
Cette polémique s'inscrit dans un contexte plus large de questionnements sur l'avenir de l'agriculture française. Selon un rapport publié par l’INSEE, le secteur agricole connaît des défis croissants, incitant à se concentrer sur les impacts de l'accord sur des filières spécifiques. Tandis que cet accord représente un défi pour certaines d'entre elles, il sera crucial de les soutenir à travers des mesures adaptées. Les interrogations sur la conformité des contrôles pour les exportations sud-américaines vers l'Europe demeurent également d'actualité, et les préoccupations environnementales n'ont pas été entièrement apaisées.
Face à la montée des tensions géopolitiques, le choix d'alliés stratégiques comme ceux du Mercosur pourrait aider l'Europe à préserver ses valeurs et ses intérêts face à la compétitivité accrue des États-Unis et la Chine. En l'absence d'une communication transparente et efficace sur ces enjeux, la France semble risque de se retrouver isolée sur la scène internationale, et de subir des retombées agricoles préjudiciables à un moment critique pour son gouvernement, en proie à une instabilité politique croissante.







