Emmanuel Macron a récemment partagé avec les principaux acteurs politiques français un éclairage sur son projet de déploiement de milliers de soldats en Ukraine, envisagé une fois un accord de paix établi. Cette initiative a été accueillie avec une réserve significative, notamment en ce qui concerne la fiabilité du soutien militaire des États-Unis, incarné par Donald Trump. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, n’a pas mâché ses mots sur la capacité de Trump à tenir ses engagements, évoquant sa « versatilité » notoire.
Le président français a souligné la nécessité d’un soutien robuste de la part des Américains pour garantir la sécurité en Ukraine, notamment à travers l’envoi de troupes sur le terrain pour dissuader une éventuelle nouvelle agression russe. « Il est crucial de rester vigilants quant à la stabilité et la sincérité des promesses faites », a précisé Tondelier, tout en affirmant son soutien à des garanties de sécurité pour l’Ukraine.
Le discours de Macron a aussi été modéré par la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, qui a exprimé son opposition à l’idée de déployer des soldats français sans un mandat de l’ONU. Elle a mis en avant des chiffres de déploiement, évoquant deux brigades, dont près de 10.000 soldats pourraient être impliqués, une estimation qui reste toutefois non confirmée.
Tandis que certains chefs de partis, comme ceux de La France Insoumise, demandent davantage de précautions, d'autres, comme ceux du Rassemblement National, sont restés silencieux à l'issue de la réunion. Cette rencontre s’est tenue peu après un sommet sur une « coalition des volontaires », au cours duquel des États européens se sont engagés à une future force multinationale en Ukraine.
Les représentants américains ont promis un soutien à cette initiative, mais des experts soulignent qu’une présence militaire occidentale en Ukraine pourrait exacerber les tensions avec la Russie. Cette dernière a d’ailleurs déjà averti que toute force militaire de l’OTAN serait considérée comme une « cible légitime ». Reste à voir comment ces discussions évolueront au sein du parlement français, qui devra bientôt se prononcer sur cette question délicate.
Selon des analystes, le projet de Macron révèle une volonté de renforcement des capacités de défense européennes, mais il est aussi le reflet d’un désaccord croissant sur la stratégie à adopter face à la Russie. Comme l’a rappelé Cédric Perrin, président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense au Sénat, tout déploiement devra faire l’objet d’un débat au parlement dans les prochaines semaines, une manière de garantir une transparence et une légitimité au processus décisionnel.







