Alors que la campagne présidentielle de 2017 battait son plein, Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, aurait envisagé de soutenir Benoît Hamon, le candidat socialiste, en retirant sa candidature. Un tournant potentiel qui aurait pu redistribuer les cartes de la gauche.
Lors d'une interview dans l'émission “Politiques, à table !” diffusée sur LCP, Sophia Chikirou, proche de Mélenchon, a révélé une réflexion intrigante du leader indécis. Après la victoire de Hamon à la primaire socialiste, Mélenchon a rassemblé son équipe pour discuter de la possibilité de se ranger derrière son concurrent. Dans un climat sérieux, il a lancé : “Pensez-vous que je dois me rapprocher de Benoît Hamon et retirer ma candidature ?”
Ce moment, qualifié par Chikirou de “décision importante”, témoigne du sérieux de la situation. Au cours d'un tour de table de 20 à 30 minutes, aucune voix ne s'est élevée pour encourager Mélenchon à renoncer, ce qui l'a conduit à poursuivre sa propre campagne. “On a repris la réunion en continuant avec notre plan de campagne, inchangé depuis plusieurs mois”, a précisé Chikirou.
Une campagne contrastée pour les deux candidats
Mélenchon a finalement obtenu 19,58 % des voix lors du premier tour, réalisant un score notable mais ne parvenant pas à atteindre le second tour. De son côté, Hamon a obtenu un résultat de 6,36 %, marquant une déception pour le Parti socialiste. Cette situation a soulevé des interrogations sur l'état de la gauche en France et sur la possibilité d'une alternative unifiée, dans un contexte de division.
L'analyse de cette période par des experts en politique française illustre un enjeu crucial : l'incapacité des forces de gauche à se rassembler, comme le souligne le politologue Jean-Yves Camus. “La fragmentation de la gauche a conduit à une dispersion des voix qui aurait pu être évitée par une alliance stratégique”, a-t-il déclaré dans une interview avec Le Monde.
Ainsi, la question que Mélenchon a posée à son équipe demeure pertinente : aurait-il été plus sage de lever le flambeau pour Hamon, ou était-il impératif pour lui de maintenir sa propre voie ? Les débats autour de cette période historique de la politique française continuent d’alimenter les réflexions sur l'avenir de la gauche.







