À l'approche des élections municipales, la pression monte dans les villages des Pyrénées-Orientales. Cette fois, une nouveauté s'impose : les listes doivent être composées d'un nombre égal d'hommes et de femmes. À Montalba-le-Château, la maire sortante, Marie Martinez, fait face à cette situation ardue, mais stimulante.
« Dans nos petites communes, établir une équipe est déjà un défi, alors avec cette nouvelle règle, cela se complique encore davantage », explique Marie Martinez, maire sans étiquette de ce village de 168 habitants, situé à une trentaine de kilomètres de Perpignan.
Choisir des compétences avant le genre
Marie, retraitée de la fonction publique et forte de son expérience, aborde cette contrainte avec pragmatisme. « Bien que je sois favorable à la parité, le plus important lors de la constitution d'une équipe est de choisir des compétences, peu importe le genre », confie-t-elle.
Actuellement, l'équipe municipale de Montalba-le-Château comprend sept hommes et deux femmes, dont Marie, qui est la seule candidate féminine souhaitant poursuivre l'aventure. Pour répondre aux exigences paritaires, elle s'est ainsi engagée à recruter cinq femmes, et la bonne nouvelle est qu'un homme de l'équipe a décidé de se retirer, pour des raisons personnelles, facilitant ainsi la création de la liste paritaire.
Mobilisation et engagement : le défi collectif
Cinq femmes ont répondu à l'appel et accepté de rejoindre la liste de Marie Martinez. Âgées de 54 à 69 ans, certaines sont encore actives tandis que d'autres sont à la retraite. « Beaucoup ont décidé de se lancer pour rendre service à notre communauté, mais je suis convaincue que notre bilan positif durant le mandat a également joué un rôle dans leur décision », déclare-t-elle avec un sourire.
Marie prévoit déjà une première réunion avec ses nouvelles recrues, persuadée que leur implication sera au rendez-vous. « Je pense qu'une fois engagées, elles apprécieront cette aventure collective. » Dans les Pyrénées-Orientales, toutes les candidatures doivent être déposées en préfecture entre le 5 et le 26 février pour le premier tour des élections.
En parallèle, une fois le scrutin terminé, la maire devra également s'attaquer à la composition de l'équipe municipale, qui doit maintenir cette parité désormais obligatoire. La législation n'a jamais été aussi claire : les règles du jeu évoluent, mais l'engagement des élus envers leurs communes demeure essentiel.
Selon des experts en sociologie politique, comme le professeur Éric Brunet, les nouvelles règles de parité dans les petites communes pourraient stimuler un changement de mentalité et ouvrir la voie à une participation féminine accrue dans des secteurs traditionnellement dominés par les hommes. L'avenir des élections municipales de 2026 pourrait donc marquer un tournant significatif dans le paysage politique français.







