Le secteur du transport et de la logistique est vital en Indre-et-Loire, englobant des entreprises locales et internationales qui arpentent les routes et voient l'essor des entrepôts. Face à des flux en constante augmentation, il doit répondre aux exigences environnementales et à la rareté du foncier.
Grâce à sa localisation stratégique et son accès facile aux autoroutes, notamment à proximité du marché francilien, le Centre-Val de Loire se démarque par une concentration élevée d’entrepôts et de camions en transit. En 2022, près de 45.000 salariés étaient employés dans 1.900 établissements, représentant 6 millions de mètres carrés d’entrepôts selon l'Insee. La liaison entre Orléans et Tours est particulièrement prisée, surtout le long de l'A10. Dans cette dynamique, l'Indre-et-Loire, avec ses 268 établissements et 6.080 salariés dans la logistique, traverse "une période de croissance continue depuis environ quinze ans", selon une analyse de Sandra Panet, déléguée de la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) du Centre-Val de Loire.
La logistique joue un rôle clé dans l'emploi au sud de l'agglomération, particulièrement dans la zone de Touraine Vallée de l’Indre où elle représente plus de 10 % des postes. La zone Isoparc à Sorigny, qui abrite 73 entreprises dont le grand centre de tri de la Poste, et la région nord de Tours autour de Parçay-Meslay avec XPO Logistics, illustrent cette dynamique. De plus, la récente expansion de la zone d'activités d'Autrèche à Château-Renault, attirant des géants comme Wefold et Daimler Truck, témoigne d'un marché en pleine mutation.
À l'opposé de cette tendance, le projet de Zac Even'Park à Esvres-sur-Indre a été récemment rejeté par la préfecture pour des raisons d’ordre environnemental. Le secteur est en proie à des incertitudes d'un côté, face à une explosion du trafic routier et à une aggravation de la pollution, et de l'autre, à une rareté croissante du foncier, aggravée par la loi ZAN. Philippe Roussy, président de la CCI Touraine, souligne l'importance de préserver les zones mixtes pour protéger les activités économiques : "Notre objectif est de sanctuariser ces zones pour éviter qu'elles ne soient transformées en zones de promotion immobilière, tout en préservant l'emploi local et la production.”
Tout en soutenant la relocalisation des entrepôts vers les zones rurales — comme celles de Danone et du groupe Barbier vers Sorigny —, il estime qu'il est essentiel de revoir la logistique du dernier kilomètre. "Il sera crucial de développer de petits entrepôts urbains afin de mieux approvisionner les commerces de centre-ville", ajoute-t-il.
Une transition environnementale enclenchée
Du côté des transporteurs, "chaque société s'adapte selon ses propres besoins, en intégrant des biocarburants ou en choisissant des véhicules électriques pour les livraisons en milieu urbain", indique Sandra Panet. "Nos entreprises sont déjà engagées depuis plusieurs années dans des démarches de transition environnementale, renouvelant leurs flottes et pratiquant l'écoconduite. Toutefois, le passage à l'électrique représente un investissement conséquent en cette période d'incertitudes économiques." Ces choix d'avenir commencent à se dessiner dès maintenant.
7,5 %
C’est la part des activités de transport et de logistique dans l’emploi salarié dans la région, contre 6,1 % au niveau national.
(source Insee, étude 2022)
22,7 %
des professionnels de la logistique dans la région Centre-Val de Loire sont des femmes.
2e
C’est le rang de l’Indre-et-Loire comme employeur dans la région, représentant près de 20 % des salariés et établissements du secteur.
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