Des peines allant de trois à douze mois de prison avec sursis ont été demandées par le tribunal correctionnel de Paris, le 20 janvier 2026, à l'encontre de six individus, dont une femme de Touraine, jugés pour le cyberharcèlement d'une enseignante. Le jugement sera annoncé le 20 mars.
Les six accusés, quatre hommes et deux femmes âgés de 53 à 71 ans, ont comparu pour des délits de harcèlement moral, mais aussi pour des menaces de mort, à l'encontre de Sophie Djigo, professeure de philosophie.
À la fin de l'année 2022, des informations sur une sortie scolaire prévue par Mme Djigo, impliquant des élèves dans un camp de migrants au lycée Watteau de Valenciennes, ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux par le collectif à tendance extrême-droite, Parents vigilants, déclenchant un flot de réactions virulentes.
Des commentaires jugés « injurieux » et « menaçants »
Au tribunal, le procureur a requis, en plus de peines de prison avec sursis pour les six prévenus, des amendes variant de 1.000 à 2.000 euros. Tous avaient publié des messages sur Twitter (devenu X) considérés comme « injurieux » ou « menaçants », entraînant l'annulation de la sortie pédagogique par le rectorat de Lille pour des raisons de sécurité et la mise en place d'une protection policière pour l’enseignante.
Les deux prévenus présents ce jour-là ont admis avoir envoyé des messages, tout en niant tout aspect menaçant ou harcelant. L'un d'eux, Bernard B., a justifié son intervention par un « ton humoristique », malgré une moquerie sur le nom de la plaignante jugée par le procureur comme « un imaginaire folklorique parfaitement raciste ».
« Ce sont des messages dont l'impact était inévitable, » a confié Sophie Djigo à la cour, décrivant l'effet « accablant de l'inondation de messages ». À l'époque, elle a déclaré avoir été « sidérée qu'un projet pédagogique puisse mener à une telle situation ».
« Une onde de haine »
Dans ses réquisitions, le procureur a parlé d' « une onde de haine » dépassant le cadre des prévenus, soulignant les « limites techniques » qui ont empêché d'autres auteurs de messages de haine d'être identifiés. Me Raphaël Kempf, représentant la partie civile, a évoqué une « haine de la réflexion et de la recherche » face au projet pédagogique de son cliente.
Benjamin Philippon, l'avocat de la défense, a fait valoir la liberté d’expression, arguant que le sujet migratoire était d’« intérêt général », plaidant pour la relaxe de sa cliente en affirmant que les messages « ne visaient pas l'enseignante » et que celle-ci n'avait pas conscience qu'ils faisaient partie d'une vague de harcèlement.
Après une audience de sept heures, le tribunal a mis sa décision en délibéré jusqu'au 20 mars 2026.
Avec AFP
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