Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a fermement rejeté l'accord institutionnel et économique relatif à la Nouvelle-Calédonie, signé récemment à l'Élysée. À travers un communiqué, le mouvement indépendantiste a exprimé son « rejet sans équivoque » de cette initiative, la qualifiant de « passage en force » de l'État français.
Connue sous le nom d'« accord Élysée-Oudinot », cette signature devait faciliter le déblocage d'un processus politique déjà tendu dans l'archipel. Cependant, le FLNKS, qui avait auparavant boycotté les négociations, considère ce texte
complémentaire à l'accord de Bougival comme incompatible avec la « trajectoire de décolonisation » de Kanaky, le nom donné par les indépendantistes à la Nouvelle-Calédonie.
Dans un climat déjà tendu, cette position souligne les différences fondamentales sur la question de l'autodétermination. Selon l'analyste politique Jean-Pierre Duhamel, « le rejet de cet accord montre à quel point le dialogue est nécessaire, mais également difficile ». Il est à noter que l'accord de Bougival prévoyait la création d'un État calédonien reconnu internationalement, tout en maintenant des liens avec la France, un aspect contesté par le FLNKS.
En parallèle, l'accord Élysée-Oudinot entend renouveler le soutien financier de l'État à l'archipel, tout en affirmant la volonté de reconnaître l'identité kanak et d'organiser le transfert de certaines compétences. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a déclaré que la « porte reste ouverte » aux discussions, bien que beaucoup à Nouméa estiment que sans le FLNKS, tout accord est voué à l'échec.
Les critiques se portent également sur ce que le FLNKS appelle un « chantage économique » qui viserait à imposer l'agenda de l'État à la population locale. Le parti s'oppose fermement à la redéfinition du corps électoral, qui pourrait entraîner une dilution de la voix kanak, une crainte qui rappelle les tensions des émeutes meurtrières de mai 2024, qui avaient causé des pertes humaines et des dégâts matériels considérables, estimés à plus de deux milliards d'euros.
Pour l'heure, les signataires de ce nouvel accord espèrent un passage rapide au niveau législatif, avec la présentation d'un projet de loi au Sénat dès le mois de février.
Malgré le climat tendu, le FLNKS persiste dans sa lutte pour l'autodétermination. « Nous continuerons à revendiquer notre chemin vers la pleine souveraineté tel que stipulé dans l'accord de Nouméa et le droit international », conclut le communiqué du parti. Les enjeux qui se dessinent à l'horizon sont cruciaux pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.







