La stratégie anti-immigration de Donald Trump, qui avait été un pilier de sa campagne présidentielle et un atout majeur lors de son retour à la Maison Blanche, montre des signes d'essoufflement. En effet, les conséquences brutales de cette politique, notamment les interventions violentes de la police de l'immigration (ICE), s'avèrent de plus en plus problématiques pour lui et pour les candidats républicains à l'approche des élections de mi-mandat en novembre prochain.
Initialement, Trump visait une fermeture des frontières avec le Mexique, une mesure qui avait suscité un certain consensus. Cependant, les actions des agents de l'ICE, impliqués dans des rafles de grande envergure, ont contribué à une détérioration de l'image de la politique d'immigration. Des tragédies comme la mort de deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, abattus lors d'opérations d'interpellation à Minneapolis, illustrent la brutalité de cette approche. D'après Reuters, un sondage récent montre que seulement 39 % des Américains approuvent la gestion actuelle de l'immigration par Trump, un taux alarmant pour l'ancien président.
Parmi les électeurs républicains, une tendance inquiétante se dessine : un cinquième d'entre eux considère que l'ICE a franchi les limites avec sa politique répressive. "Ce qui était un atout pour le président devient désormais un handicap", affirme John Feehery, stratège républicain. Il souligne également l'importance de séduire les électeurs indécis, au-delà de la base militante de Trump.
Sans doute conscient de la situation, Trump a récemment modifié son ton. Suite aux événements tragiques entourant la mort d'Alex Pretti, le président a dépêché Tom Homan, son "tsar des frontières", à Minneapolis pour collaborer avec les autorités locales. Ce changement pourrait indiquer une volonté de restaurer une certaine image, alors que les critiques concernant l'efficacité et l'humanité de sa politique se multiplient.
Réorientation stratégique ?
La Maison Blanche a convenu d'évaluer et d'ajuster la stratégie migratoire. Un responsable a révélé que le président et son équipe ont discuté d'une possible réduction du nombre d'agents déployés au Minnesota et d'un recentrage sur des expulsions ciblées plutôt que sur des rafles massives. Certains conseillers suggèrent de ne viser que les criminels connus, afin d'attirer les républicains modérés et les électeurs indécis.
"Les Américains soutiennent des frontières sécurisées et sont prêts à accepter des erreurs antérieures si l'objectif est clairement défini : cibler les criminels", déclare Giancarlo Sopo, ancien acteur clé de la campagne de Trump en 2020, soulignant l'importance d'une communication stratégique.
Une tactique pas si facile pour les démocrates
Du côté démocrate, les erreurs passées de l'ICE pourraient devenir un levier à exploiter pour galvaniser le soutien des électeurs. Michael LaRosa, ancien conseiller à la Maison Blanche sous Joe Biden, indique que l'opposition à la politique d'immigration de Trump pourrait encourager les électeurs progressistes à se mobiliser lors des prochaines élections.
Cependant, les démocrates doivent être prudents et éviter d'apparaître trop laxistes dans leurs critiques, de peur de raviver les craintes qui avaient émergé lors des précédents scrutins. Scott Rasmussen, un sondeur, prévient : "L'erreur de la gauche est de croire qu'elle peut remporter le soutien des électeurs en faveur des immigrés clandestins, tandis que la droite pense que tout le monde approuve les actions à Minneapolis."







