Malgré des résultats modestes lors des précédentes élections, le parti trotskiste Lutte ouvrière se présente à nouveau aux municipales de Bordeaux, avec l’objectif de faire entendre son message révolutionnaire. Fanny Quandalle, 53 ans et candidate à la tête d'une liste, souligne que le véritable enjeu dépasse le simple cadre électoral.
« Même si notre score n’est pas à la hauteur de nos ambitions, chaque discussion est une occasion de sensibiliser les travailleurs », déclare-t-elle. Pour elle, l’accent doit être placé sur la lutte contre le capitalisme, qu’elle considère comme la racine des maux sociétaux actuels. Avec un programme qui reste flou sur les questions locales, le parti choisit de concentrer son attention sur les enjeux de classe et les droits des travailleurs.
D’après toute une série d'experts et d’observateurs, la portée de cette initiative s’exprime dans des phrases comme : « ce n’est pas avec un bulletin de vote qu’on renversera le capitalisme, mais en préparant la révolte par des idées communistes », comme l’affirme Xavier Tantot, 71 ans, ancien aide-soignant. Pour ces membres de Lutte ouvrière, le travail de sensibilisation et de conscientisation est essentiel, même si ce dernier ne se traduit pas directement en voix dans l'urne.
Un contexte de mobilisation
Fanny Quandalle attire également l’attention sur des problèmes sociaux pressants, tels que le logement : « Les municipalités ont besoin d’un pouvoir d’action plus large pour agir efficacement contre la spéculation immobilière. » Dans cette optique, elle parle de la nécessité de réquisitionner des logements inoccupés en allant au-delà des simples mesures municipales. « Cette lutte des classes se raffermit chaque jour un peu plus alors que la société connait une montée en tension », chuchote-t-elle, préoccupée par l'actualité qui, selon elle, « illustre parfaitement la lutte des classes », comme l'exprime aussi Guy Dupont, 68 ans, en s’écriant : « C’est la marche à la guerre, ça crève les yeux ! »
Alors que Lutte ouvrière a reçu seulement 0,45 % des voix lors des municipales de 2020, ses membres estiment que le véritable succès réside dans l'extension et l'infusion de leurs idées dans le débat public. Sarah Touzani, 28 ans, novice en politique, conclut : « Ce n’est pas le score qui importe, mais le message que nous faisons passer. » Ce spectacle politique se transforme en un terrain de confrontation des idées, où chaque voix compte, même celles qui n'atteignent pas les bureaux de vote.







