Le verdict a été prononcé après cinq heures de délibération ce mercredi 28 janvier. La cour d’assises de la Gironde, présidée par Marie-Noëlle Billaud, a infligé une peine de 25 ans de réclusion criminelle à Valentin Poireau pour des actes de torture, assortie d'une récidive de vol aggravé. Son coaccusé, Jordan Faury, a quant à lui écopé de 18 ans de réclusion criminelle pour les mêmes agissements. Tous deux se voient interdire de séjour en Gironde pendant dix ans, alors qu'Alexandre Bertrand, condamné pour non-dénonciation de crime, a reçu une peine de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis. Il purgera la première année sous surveillance électronique.
Les faits remontent à octobre 2022, lorsqu’un quadragénaire a été retrouvé gravement blessé à son domicile, rue de l'Abbé-de-l'Épée, au cœur de Bordeaux. Au moment des faits, les accusés, aujourd'hui âgés de 24 ans, se sont mêlés à la victime après avoir consommé de l'alcool et de la marijuana. Ce qui devait être une simple rencontre a rapidement dégénéré en une agression violente. Selon les témoignages, Valentin Poireau a commencé à étrangler la victime, tandis que Jordan Faury lui infligeait des coups à la tête et l'aspergeait avec une bombe aérosol. La scène a été filmée par Poireau alors qu'ils saccageaient l'appartement à la recherche d'objets de valeur.
Des conséquences graves pour la victime
Roué de coups, le quadragénaire est resté inconscient pendant quatre jours avant d'être secouru. Il présente aujourd'hui de graves séquelles neurologiques, comme l'a souligné son avocate, Me Fabienne Pelle. "Ces hommes se sont comportés de manière barbare", a souligné l'avocat général Jean-Luc Gadaud au cours de son réquisitoire, aggravé par l'attitude d'un de leurs coaccusés, qui a choisi de profiter du butin plutôt que d'appeler à l'aide.
"Il n’a pas perdu la vie, mais il a perdu sa vie"
Cette tragédie a engendré des répercussions psychologiques durables pour la victime, d’après l’expertise psychologique présentée au tribunal. Le procureur a dénoncé le comportement d’un "criminel triumvirat", évoquant des parallèles avec la Rome antique pour décrire le rôle de chacun des accusés dans cette agression brutale.
Des récits d'enfance difficile
Les avocats de la défense ont tenté de mettre en lumière les circonstances atténuantes, faisant état d’enfance difficile pour certains des accusés. "Il a fait preuve d'une humanité tardive", a confié Me Marie-Ange Alexis-Bennett au sujet d'Alexandre Bertrand, accusé de ne pas avoir dénoncé les agissements de ses amis. Quant à Jordan Faury, son avocat a relaté une enfance marquée par l'absence et les violences familiales.
La cour a néanmoins choisi de maintenir des peines fermes pour ces actes impardonnables. Les accusés ont désormais dix jours pour faire appel de ce verdict, un second chapitre s'ouvrant sur cette affaire.







