La situation à Minneapolis prend une tournure alarmante. L'administration Trump, qui semblait au départ privilégier le dialogue suite à la mort de deux citoyens américains, a récemment durci son discours à l'égard de cette ville symbole de sa politique migratoire.
La métropole, marquée par le choc du décès de deux personnes en une semaine, Alex Pretti, un manifestant de 37 ans, et Renee Good, une mère de famille tuée lors d'un rassemblement, est en proie à des tensions sans précédent. Pretti a été touché par plusieurs balles alors qu'il était maîtrisé par les agents de la police aux frontières (CBP), tandis que Good a été abattue par la police de l'immigration (ICE).
Face à cette tragédie, la police aux frontières a annoncé la suspension de deux agents impliqués dans le drame. Cela a été qualifié de procédure "standard" par un porte-parole interrogé par l'AFP.
Percevant un besoin de réagir, le président américain Donald Trump a tout de même repris sa rhétorique acerbe. Il a vivement critiqué le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, pour son refus d'appliquer certaines lois fédérales sur l'immigration. "Est-ce que quelqu'un pourrait lui expliquer que sa déclaration constitue une violation très grave ?" a-t-il exigé sur sa plateforme Truth Social.
La ministre de la Justice, Pam Bondi, a quant à elle annoncé sur X l'arrestation de seize "émeutiers" suspectés d'avoir agressé des agents fédéraux, ajoutant que d'autres arrestations étaient à anticiper.
Cette déclaration a suscité l'inquiétude de la juge Dulce Foster, qui a rappelé l'importance de la présomption d'innocence, selon Le New York Times. De nombreux citoyens mobilisés dans les rues redoutent une intensification des raids. Dylan Alverson, propriétaire d'un café, témoigne : "J'ai l'impression que les crimes contre les habitants de Minneapolis ont atteint un tel niveau que nous ne serons plus jamais les mêmes."
Paul Coakley, président de la Conférence des évêques américains, a également exprimé des inquiétudes face à ce climat de peur et de division. Mardi, la députée du Minnesota, Ilhan Omar, a été agressée lors d'une réunion publique, un homme s'étant précipité sur elle avec une seringue, incident qui est actuellement sous enquête par le FBI.
L'administration Trump a toujours justifié son intervention par un prétendu scandale de fraude sociale touchant la communauté somalienne. Dans ce cadre, un nouveau département dédié à la lutte contre la fraude sociale a été annoncé. "Les agents fédéraux de l'immigration terrorisent nos voisins", a dénoncé Ilhan Omar, rappelant que la communauté était en proie à une véritable occupation.
Malgré les promesses de désescalade, des acteurs locaux peinent à percevoir des changements sur le terrain. Jennifer Arnold, responsable d'un réseau d'entraide, résume : "On ne voit rien changer, les gens sont toujours enlevés dans la rue." L'enquête sur la mort d'Alex Pretti doit établir les responsabilités des agents concernés, alors que des vidéos remettent en question la version officielle initiale.
À Minneapolis, Tom Homan, représentant présidentiel, a pris le relais des opérations antimigrants, tandis que des tensions continuent de croître. Cependant, un blocage budgétaire pourrait se dessiner, les démocrates étant déterminés à freiner les projets de Donald Trump concernant l'immigration.







