Bagdad (AFP) – Nouri al-Maliki, principal prétendant au poste de Premier ministre en Irak, a exprimé mercredi son indignation face à ce qu'il qualifie d'« ingérence manifeste » du président américain Donald Trump. Ce dernier a récemment averti que les États-Unis pourraient ne plus soutenir l'Irak si Maliki était réélu.
Au cours d'une manifestation à Bagdad, des centaines de personnes ont affiché leur soutien à Maliki, en chantant des slogans et en brûlant un drapeau américain, ainsi qu'une image de Trump.
Maliki, figure emblématique de la politique irakienne, a déjà occupé le poste de Premier ministre à deux reprises, avant de quitter ses fonctions en 2014 sous la pression des États-Unis, qui le considèrent comme trop proche de l'Iran.
Dans un post sur le réseau social Truth Social, Trump a critiqué les précédentes politiques de Maliki, affirmant que sa réélection plongerait de nouveau l'Irak dans la pauvreté et le désordre. « Si Maliki est élu, les États-Unis ne viendront plus jamais en aide à l'Irak », a-t-il ajouté.
Réagissant à ces commentaires, Maliki a qualifié les propos de Trump de « violation » du processus démocratique instauré en Irak depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003. « Nous rejetons catégoriquement l'ingérence américaine dans nos affaires internes », a-t-il insisté sur X, tout en promettant de défendre les intérêts du peuple irakien.
Maliki, âgé de 75 ans, a récemment obtenu le soutien du Cadre de Coordination, la principale alliance chiite du pays, lui permettant de consolider sa position pour un retour au pouvoir. Cependant, des sources politiques ont rapporté que des tensions persistent au sein de l'alliance, certaines factions craignant les répercussions d'un gouvernement pro-iranien.
Pressions et préoccupations
Des discussions sont en cours parmi les membres du Cadre pour répondre aux préoccupations soulevées par les déclarations de Trump. Ces derniers se réuniront prochainement pour déterminer les prochaines étapes, signalant une « situation compliquée ».
Les États-Unis, par le biais de diplomates comme Marco Rubio, ont exprimé leur inquiétude concernant un éventuel retour au pouvoir de Maliki. Selon des informations de sources diplomatiques, des efforts se poursuivent pour contrecarrer sa nomination au poste de Premier ministre.
Dans ce contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, le futur Premier ministre devra naviguer habilement entre les intérêts des États-Unis et ceux de l'Iran, afin de maintenir une certaine stabilité en Irak. Les multiples défis économiques et politiques auxquels le pays est confronté nécessiteront une attention minutieuse et une stratégie bien définie.
Alors que l'Irak a connu une période de relative stabilité, la fragilité de son économie reste préoccupante, surtout à la lumière des sanctions américaines qui ciblent notamment des entités liées à Téhéran. Ces mesures, si elles devaient se renforcer, pourraient avoir des conséquences dévastatrices pour la population irakienne, déjà éprouvée par des décennies de conflits.
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