« J’ai terminé hier soir. » Le 23 janvier, Bernadette Octeau, maire sortante de Saint-Sigismond-de-Clermont, petit village de 164 habitants, a pu annoncer la constitution de sa liste pour les élections municipales. Cette annonce, recueillie par Sud Ouest, marque une étape cruciale alors que la nouvelle loi de 2025 impose des listes paritaires aux communes de moins de 1 000 habitants.
Puis, un an plus tôt, l’élue de 68 ans exprimait ses craintes quant à la pénurie de candidates : « Le choix est limité, personne ne se bouscule pour me remplacer. » Cette mesure, bien qu’intentionnée, est souvent jugée inadaptée aux réalités des petites communes, où les disparités entre les sexes en matière de représentation sont encore très marquées. Elle a d’ailleurs signé une pétition pour s’opposer à la réforme, qui a récolté un peu plus de 3 000 signatures.
Une représentation déséquilibrée
« Cette initiative est désuète dans nos petites communes, soupirait-elle. Les femmes restent à l’arrière-plan, et en tant que maire, c’est un défi de les inciter à s’impliquer. Efforcer des femmes à se présenter a été un véritable casse-tête. »
À l’approche des élections, Bernadette a réussi à former une équipe comportant plus de femmes que d’hommes : 6 pour 5. Mais le chemin a été semé d’embûches. Agricultrice de métier, elle a dû jongler entre son emploi et ses obligations politiques pour mobiliser des candidats. « J’ai dû aller frapper aux portes, et je n’apprécie pas particulièrement cela, confie-t-elle. Les hommes s'engagent facilement, tandis que les femmes manquent souvent de temps à cause de leurs responsabilités familiales. »
Un soutien croissant
Finalement, six femmes ont accepté de l’accompagner dans cette nouvelle aventure municipale. « Elles ont vu les changements réalisés sous ma mandature, qui a débuté en 2014. C'est l’un des motifs qui m’ont poussée à poursuivre. Il y a encore des projets importants à réaliser, notamment pour l’ensemble patrimonial de la Tenaille, qui pourrait devenir une destination hôtelière de luxe, » explique Bernadette.
Pour l’heure, il n’existe aucun autre candidat à Saint-Sigismond. Bernadette évoque un éventuel consensus avec une liste concurrente, tout en exprimant son scepticisme envers les nouvelles règles de panachage. « C’est compliqué dans les petites communes. Les collègues, dans des villages voisins, rencontrent les mêmes soucis : la représentation féminine fait défaut au moment de constituer les listes. » À Saint-Sigismond, cependant, ce problème semble sur le point de s’atténuer.







