Dans un retournement inattendu sur la scène politique parisienne, l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo a annoncé son retrait, redonnant un souffle nouveau à Rachida Dati à l'approche du second tour des élections municipales. Elle a exhorté ses électeurs à 'chasser la gauche', précisant que sa décision visait à donner toutes ses chances à la candidate LR, sans pour autant soutenir personnellement Dati.
Dans une interview avec Le Parisien, Knafo a déclaré : 'Mon objectif a toujours été de battre la gauche. Ce retrait n'est pas pour Rachida Dati, mais pour Paris.' Sa campagne axée sur le concept de 'Ville heureuse' a été saluée, mais elle laisse derrière elle Emmanuel Grégoire, le candidat de gauche, qui a obtenu 37,98 % des voix au premier tour, contre 25,5 % pour Rachida Dati.
Le débat télévisé qui opposera les deux candidats mérite une attention particulière, étant un tournant potentiel dans cette bataille. Dati et son équipe espèrent tirer parti de cette nouvelle dynamique. 'Une nouvelle élection commence', a fait savoir Nelly Garnier, porte-parole de Dati, soulignant l'importance de l’unification des forces de droite pour contrer la gauche radicale.
D’après David Alphand, conseiller LR, le retrait de Knafo symbolise un désir d’alternance au sein de l'électorat, transcendant les clivages politiques. Bruno Retailleau, le leader des Républicains, a également qualifié cette décision de 'sage', montrant ainsi une volonté d’unité dans les rangs de la droite.
La réaction de la gauche a été immédiate. Emmanuel Grégoire a dénoncé les 'compromissions' que la droite serait prête à faire pour tenter de reprendre la mairie, tandis qu'Ian Brossat, sénateur communiste, a suggéré qu'il pourrait exister un 'deal secret' entre Knafo et Dati. Dans un cadre encore plus incertain, Sophia Chikirou de la France insoumise a plaidé pour une alliance non formelle, mais a annoncé qu'il n'y aurait pas de réconcilation avec Grégoire.
Alors que Rachida Dati choisit de s’allier avec Pierre-Yves Bournazel, dont le retrait pourrait contrecarrer sa stratégie, la situation politique demeure fluide et complexe. Les évolutions des voix, notamment celles des partisans de Knafo, pourraient peser lourd dans la balance.
Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, le retrait de Knafo pourrait consolider la position de Dati, tandis que Stéphane Zumsteeg de l'institut Ipsos-BVA observe que l'équilibre des forces en présence pourrait s'inverser en faveur de Dati. Ce bouleversement souligne bien l'incertitude d'un scrutin où chaque voix comptera.







