Ian Pendry, un passionné anglais établi en Cerdagne, élargit son éventail de boissons artisanales avec un nouveau whisky nommé Moonshine, élaboré à partir de seigle cultivé localement. Sa brasserie, la Brasserie del Mouli située à Saint-Pierre-del-Forcats, mise sur le climat unique des Pyrénées pour précipiter le vieillissement de sa production.
Le terme Moonshine évoque non seulement le marketing mais également une histoire riche en audace, rappelant les distillations clandestines de l'époque de la prohibition. « Ce nom désignait le whisky durant cette période », précise Ian Pendry, soulignant son caractère énigmatique et local. Moonshine représente d'ailleurs le premier whisky intégralement conçu en Cerdagne.
Originaire d'Angleterre, Ian Pendry a vécu en Afrique du Sud avant de trouver ses repères dans les Pyrénées-Orientales il y a deux décennies. Sa démarche privilégie les ressources locales : « J'ai commencé par créer une bière à partir de seigle de Cerdagne, car cette variété ancienne est parfaitement adaptée au terroir local. De là, m’est venue l’idée de confectionner un whisky », explique-t-il.
Des fûts de chêne pour une maturation exclusive
Après avoir expérimenté avec le gin et acquis un alambic, Pendry se consacre désormais à la fabrication de whisky en utilisant exclusivement des ingrédients locaux. Le seigle est ainsi mélangé avec un peu de blé barbu, maltté à Bélesta, en Fenouillèdes. En choisissant une méthode de vieillissement inspirée des distillateurs clandestins, l'innovation se trouve dans les détails.
« Une fois distillé, l’alcool est placé dans des jarres de verre, comme celles utilisées pour l'oxygénation des vins doux. Nous y ajoutons des morceaux de fûts pour favoriser l'interaction entre l'alcool et le bois », détaille-t-il. Ces jarres sont ensuite exposées aux éléments, jouant sur le chaud et le froid afin d'accélérer le processus de vieillissement du Moonshine.
Pour savourer ce whisky, il faudra patienter, avertit Ian : « Nous avons choisi de créer un Rye américain, ce qui signifie que notre whisky est composé à 51 % de seigle, complété par du blé et de l’orge torréfié. » La production est volontairement limitée, ayant déjà produit huit petits fûts pour un total de 35 litres, nécessitant encore un minimum de deux ans de vieillissement. « Nous utilisons quatre fûts de chêne français et quatre de chêne américain, afin de tester ce qui s'accorde le mieux », précise-t-il. Comme pour ses bières, la distribution sera locale, mais la liste d'attente pour le whisky est déjà impressionnante.







