Du 24 mai au 7 juin 1991, Henri Verneuil et son équipe investissent les rues de Marseille pour réaliser Mayrig, un film inspiré de sa propre histoire familiale. Ce long-métrage, qui voit le jour après une période de 12 semaines de tournage en studio à Paris, plonge dans les souvenirs d'enfance du réalisateur, évoquant le génocide arménien dont sa famille a été victime.
Les scènes captivantes se déroulent à la Vielle Charité, au cœur du quartier historique, ainsi que dans l’église arménienne du Prado et au cimetière Saint-Pierre. Les figurants, en répétition, sont nombreux tandis qu’Henri Verneuil, de son vrai nom Achod Malakian, est très impliqué dans la préparation de ses actrices. Dans le rôle d’Araxi, la mère d'Azad, jouée par Claudia Cardinale, et la talentueuse Nathalie Roussel dans le rôle de la tante, le film met en lumière des relations familiales complexes et émouvantes.
Un écho au passé
L’événement marquant de ce tournage est couvert par Le Provençal, qui titrait le 24 mai 1991 : "Il a neigé sur la vieille charité". Cette phrase poétique évoque le mélange d’émotions et de nostalgie qui imprègne le film. Le travail acharné de l’équipe de Verneuil est salué par les critiques comme un hommage bien mérité à l'héritage arménien en France.
Selon des experts en cinéma, Jean-Pierre Gibrat, critique à Le Monde, note que ce film n'est pas seulement une déclaration personnelle, mais aussi une façon d'inscrire dans le patrimoine culturel la mémoire des victimes du génocide. Henri Verneuil a su transformer ses expériences intimes en une œuvre cinématographique universelle.
Au-delà du film, Mayrig interroge notre rapport à la mémoire collective et à l'identité. Ce tournage emblématique à Marseille rappelle à chacun l’importance de transmettre l’histoire de ceux qui ont souffert dans l’oubli.







