Face à la montée des prix, une aide substantielle s'impose. Près de 862 000 agents publics bénéficieront d'une indemnité différentielle, visant à garantir des salaires au moins équivalents au Smic, réhaussé ce 1er juin 2026 en raison d'une inflation croissante, informe le ministère des Comptes publics.
Cette augmentation concerne notamment 306 000 agents de la fonction publique d’État, ainsi que des employés des fonctions publiques hospitalière et territoriale. L’indemnité est essentiellement calculée sur le salaire indiciaire des agents, c'est-à-dire leur rémunération de base, exclusive des primes et autres indemnités.
Une réponse à l'inflation
Le montant maximal de cette indemnité s’élèvera à 65,28 euros bruts par mois selon le ministère des Finances. Ce versement est mis en place pour compenser la réévaluation automatique du Smic, qui a augmenté de 2,41 % en réponse à l’inflation.
Cette mesure « profitera à tous les agents dont le salaire indiciaire est aligné sur la hausse du Smic », souligne Bercy. Les primes et autres composantes de la rémunération – qui représentent en moyenne 23,9 % du salaire brut mensuel pour les agents de catégorie C, et 28,6 % pour ceux de catégorie B – ne sont pas incluses dans ce calcul.
« La tendance s'accélère : la rémunération d'un grand nombre de fonctionnaires est gelée au Smic ou s'en approche dangereusement », a jugé la Fédération générale des fonctionnaires de Force ouvrière dans un communiqué. Cette remarque met en exergue les préoccupations croissantes liées à la rémunération des agents publics.
Un problème d'attractivité
Les discussions sur les salaires dans la fonction publique sont régulièrement à l’ordre du jour des syndicats. Le gouvernement a lancé mi-avril un cycle de négociations, mais les syndicats dénoncent un manque d'initiatives concrètes, illustré par leur départ d'une première réunion.
Deux semaines auparavant, les huit syndicats représentatifs (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP) ont interpellé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour réclamer une revalorisation du point d’indice, fondement du salaire des agents. Cette demande semble être restée lettre morte, d’après la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, interrogée récemment sur Public Sénat.
« On recense environ 60 000 postes vacants dans tous les secteurs de la fonction publique, conséquence d'un manque d'attractivité. La rémunération joue un rôle crucial pour motiver les candidats à intégrer ces métiers », a-t-elle déclaré. Une conférence de presse des syndicats est prévue mercredi pour faire le point sur la situation.







