Provinciales en Nouvelle-Calédonie : un vent loyaliste souffle sur la province Sud

Les loyalistes dominent les élections en province Sud, mais la participation chute.
Provinciales en Nouvelle-Calédonie : un vent loyaliste souffle sur la province Sud
©Delphine MAYEUR, AFP - Des bulletins de vote dans un bureau de vote à Nouméa le 28 juin 2026

Les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, un événement clé, ont vu les partis non-indépendantistes prendre une nette avance en province Sud, la plus densément peuplée de l'archipel. Selon des résultats préliminaires, la participation des électeurs a cependant chuté, plus de deux ans après les violents troubles de mai 2024.

La liste d'union des principaux partis loyalistes, Les Loyalistes et Le Rassemblement, a récolté environ 50% des voix dans la province Sud, englobant des résultats partiels pour la majorité des communes, y compris Nouméa, la capitale.

"Merci!" s'est exclamée Sonia Backès, la présidente sortante de la province Sud, face à ses partisans réunis dans un restaurant à Nouméa. Elle a estimé que sa liste obtiendrait entre 27 et 28 sièges sur 40 à l'assemblée provinciale.

Elle a ajouté que "les Calédoniens, surtout ceux de la province Sud, ont opté pour un vote utile", soulignant ainsi un message clair en faveur du maintien de la Calédonie au sein de la République française.

La participation finale a atteint 63,7%, en recul par rapport aux 66,50% enregistrés lors des précédentes élections de 2019, selon le haut-commissariat.

Environ 192.500 votants étaient appelés à élire les 76 conseillers des trois provinces : 40 en province Sud, 22 dans le Nord et 14 dans les îles Loyauté. Parmi eux, 54 sièges siègent au Congrès de Nouvelle-Calédonie, qui légifère sur les lois locales et désigne le gouvernement collégial. Le scrutin de listes proportionnelles requiert un minimum de 5% des suffrages pour accéder à la répartition des sièges.

D'après les estimations de NC Première, la coalition des Loyalistes et du Rassemblement pourrait obtenir jusqu'à 28 des 40 sièges en province Sud, suivie par le FLNKS avec 7 sièges et l'Éveil océanien avec 5, représentant les intérêts des Wallisiens et Futuniens présents sur l'île.

Au Congrès, ces estimations les placent en première position avec 24 élus sur 54, bien loin des 28 nécessaires pour une majorité absolue, alors que l'Éveil océanien, actuellement dirigé par une de ses représentantes, pourrait jouer un rôle crucial avec quatre sièges.

En revanche, le camp indépendantiste semble gagner du terrain dans la province Nord, où l'UC-FLNKS devance l'UNI de Paul Néaoutyine, engrangeant 10 sièges contre 9 pour l'UNI, tandis que les Loyalistes recueillent seulement 3 sièges.

Cette répartition des sièges reflète les tensions croissantes nées de l'accord de Bougival signé avec l'État en juillet 2025, que l'UC-FLNKS avait refusé, contrairement à l'UNI qui l'avait soutenu.

Le scrutin s’est déroulé dans une atmosphère sereine, comme l’a constaté un journaliste de l'AFP, avec une présence policière renforcée de près de 2.400 agents pour assurer la sécurité jusqu'à la mi-juillet.

Cédric Ixeco, un Kanak de 43 ans, a exprimé son attachement au droit de vote, indiquant : "Mes grands-parents se sont battus pour ce droit. Il est crucial que chacun se manifeste aux urnes". Il espère que cette élection engendrera un changement positif dans le quotidien des Calédoniens.

Barbara Meylan, 53 ans, a quant à elle souligné l'importance de ce scrutin pour stabiliser le pays, appelant à un consensus. "Il est essentiel de trouver un terrain d'entente", a-t-elle déclaré.

Le contexte électoral en Nouvelle-Calédonie repose sur un corps électoral gelé depuis 2007, limitant le vote aux résidents établis avant 1998 et à leurs descendants. Cette restriction a été à l'origine des émeutes de mai 2024, qui ont coûté la vie à 14 personnes et causé des destructions s'élevant à plus de deux milliards d'euros.

Récemment, une loi organique a intégré 10.575 natifs jusque-là exclus, augmentant ainsi le corps électoral de 169.000 inscrits en 2019 à environ 192.500 aujourd'hui.

Ces élections constituent un test décisif avant la reprise des négociations institutionnelles, promettant par le Premier ministre Sébastien Lecornu, avec pour objectif d'atteindre un accord d'ici la fin de l'année. Cependant, les divergences demeurent. Le FLNKS appelle à de nouveaux pourparlers tandis qu'une partie des loyalistes considère que les compromis nécessaires ont déjà été élaborés.

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