La mission iranienne auprès des Nations unies a exprimé ce mardi ses préoccupations, affirmant que les États-Unis étaient en train de manipuler des troubles internes dans le pays afin de justifier une intervention militaire en vue d'un "changement de régime". Le président américain, Donald Trump, a, de son côté, signalé que Washington adopterait une position "très forte" si Téhéran venait à exécuter des personnes arrêtées durant les manifestations.
Face aux encouragements de Trump envers les manifestants iraniens, Téhéran a réagi en accusant les États-Unis de jeter de l'huile sur le feu. Selon les propos rapportés par la chaîne qatarie Al-Jazeera, l'envoyé iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a envoyé une lettre au Conseil de sécurité, déplorant la "rhétorique interventionniste" du président américain. Il a souligné que Trump "encourage explicitement la déstabilisation politique, incite à la violence, et menace la souveraineté de la République islamique d'Iran".
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump a exhorté les manifestants à poursuivre leur mouvement jusqu'à renverser le régime actuel, promettant que "l'aide était en route". Interrogé par un journaliste de la chaîne CBS concernant les possibles exécutions de manifestants à partir de mercredi, il a assuré que les USA réagiraient "de manière très forte" si tel était le cas.
Une estimation tragique : "3000 morts" selon des sources iraniennes
Lors d'un retour d'un voyage à Detroit, Trump a annoncé son intention d'obtenir des chiffres plus précis sur le nombre de victimes des récentes manifestations, après une réunion prévue avec des responsables de la Maison-Blanche. Un responsable du ministère iranien de la Santé, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a indiqué au New York Times que près de 3000 personnes avaient perdu la vie à travers le pays, un chiffre qui inclut des membres des forces de sécurité. Ce bilan, s'il est confirmé, pourrait représenter l'un des plus lourds de l'histoire récente de l'Iran.
Risques de représailles et dilemme pour Washington
Des experts s'accordent à dire que la perspective de fortes ripostes de l'Iran pourrait dissuader Trump d'envisager une intervention militaire. Le quotidien Le Temps a noté qu'en raison des limites de l'armée américaine dans la région, une frappe d'envergure serait risquée, tout en soulignant que les ressources ont été partiellement déplacées pour soutenir d'autres opérations internationales, notamment au Venezuela.
En parallèle, nombreux sont les Iraniens qui préfèreraient un accord diplomatique avec les États-Unis pour éviter une guerre et obtenir la levée des sanctions, qui ont lourdement frappé les couches moyen et populaire du pays. Dans un contexte de tensions exacerbées, il se pourrait que la seule voie viable soit celle du dialogue.







