Alors que la Cour internationale de justice (CIJ) examine les allégations de génocide à l'encontre de la minorité musulmane rohingya, le gouvernement militaire birman a qualifié, mercredi, ces accusations de "biaisées et sans fondement". Dans un communiqué diffusé par un organe de presse d'État, le ministère des Affaires étrangères a demandé à la CIJ d'évaluer la situation sur la base de faits concrets et des principes établis par la Convention sur le génocide de 1948.
La Gambie, qui représente les plaignants, accuse le régime birman d'importantes violations des droits humains. Selon leur dossier, des centaines de milliers de Rohingyas ont fui en 2017 une répression militaire sanglante, décrite par de nombreux témoignages comme marquée par des meurtres, des viols collectifs et des incendies criminels.
La réponse de la Birmanie attendue
Au début des audiences qui se déroulent à La Haye, le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a affirmé que la minorité rohingya avait été "systématiquement ciblée pour extermination". Les avocats représentant le gouvernement birman sont prévus pour commencer leur défense ce vendredi. Le ministère des Affaires étrangères a répondu que les déclarations de la Gambie reposent sur des éléments biaisés et non vérifiés, soulignant leur volonté de coopérer avec la CIJ en respect des normes internationales.
La Birmanie, qui ne reconnaît pas les Rohingyas comme une ethnicité, les qualifie plutôt de "personnes originaires de l'État Rakhine", et défend la répression militaire comme une réponse à des révoltes armées. Cette position se heurte aux témoignages inquiétants renvoyés par la communauté internationale. La juriste Tafadzwa Pasipanodya, en ouvrant les débats, a détaillé des cas horribles, incluant des décapitations d'anciens villageois et des viols de femmes et de filles.
Des enjeux politiques de taille
Si la CIJ se penche sur cette affaire, une décision pourrait prendre des mois, voire des années. Néanmoins, une issue favorable à la Gambie pourrait exercer une pression politique sur le régime birman, déjà en proie à une instabilité prolongée suite à un coup d'État militaire en 2021. Cette affaire pourrait également avoir des ramifications plus larges, en mettant en exergue d'autres poursuites envisagées par des pays comme l'Afrique du Sud, qui accuse Israël de commettre un génocide dans le conflit palestinien.
Les conséquences de la situation actuelle des Rohingyas, dont 1,17 million se trouvent dans des camps de réfugiés étouffants au Bangladesh, continuent d'inquiéter les experts des droits humains. Des institutions comme Human Rights Watch et amnesty international surveillent de près la situation, plaidant pour une action immédiate et organisée contre les violations visibles des droits humains.







